Avec l’évolution rapide des attaques virtuelles, l’armée française met les bouchées doubles pour renforcer sa protection contre les cyberattaques tactiques. Ces intrusions, capables de paralyser des équipements militaires vitaux, demandent une vigilance permanente à l’heure où la sécurité nationale repose de plus en plus sur la maîtrise du cyberespace.
L’exercice DEFNET : un entraînement intensif
L’armée française a lancé l’exercice DEFNET, une opération d’envergure destinée à tester et améliorer la défense cyber des forces armées. Pendant deux semaines, 15 000 militaires ont été mobilisés pour faire face à une trentaine d’incidents simulés. Les cibles choisies ? Une frégate de la Marine nationale, un avion de l’Armée de l’Air et de l’Espace, ainsi qu’un véhicule blindé multirôles Griffon de l’Armée de Terre.
Lors d’une démonstration au camp militaire de Versailles-Satory, un commandant spécialisé dans la préparation opérationnelle cyber a utilisé un télémètre modifié pour simuler une attaque sur le Griffon. Habitué à mesurer des distances sur les chantiers, cet appareil a permis de viser précisément le véhicule pesant 24,5 tonnes. En quelques secondes, le Griffon a subi un freinage brutal, ses systèmes internes se sont détraqués et une alarme s’est déclenchée. Le pilote n’a pas réussi à reprendre le contrôle du véhicule.
Réaction face aux cyberattaques : nos démarches
Face à cette montée des attaques, l’armée française met en place des procédures de réaction rapide pour contrer les cyberattaques tactiques. Selon le commandant Yves, chef de la préparation opérationnelle cyber, il faut être paré à affronter des adversaires technologiquement avancés. La réponse commence par l’isolement du réseau compromis, la sécurisation du périmètre autour du véhicule visé, puis l’intervention d’une unité spécialisée du ComCyber qui analyse et neutralise la menace. Une fois le danger écarté, le matériel est remis en service.
Le but principal reste de freiner la propagation des attaques vers d’autres systèmes connectés et d’assurer la sécurité immédiate des militaires sur le terrain. Par ailleurs, des experts en cyberdéfense sont dépêchés pour identifier précisément l’origine de l’attaque et éviter qu’elle se reproduise.
Les retombées dans les médias : jouer la com’
Les cyberattaques tactiques ne se limitent pas aux dégâts matériels, elles peuvent aussi générer des conséquences notables dans la sphère de l’information. Les adversaires peuvent utiliser ces incidents pour déstabiliser le moral des troupes et influencer négativement l’opinion publique. Pour y remédier, l’armée élabore des stratégies précises pour combattre la désinformation et rassurer le public, notamment à travers les réseaux sociaux.
La dimension informationnelle prend une place de plus en plus importante pour la défense nationale à l’ère numérique. Comme le souligne le général d’armée Aymeric Bonnemaison : « Le climat géopolitique actuel demande une vigilance extrême dans le cyberespace ». Il ajoute que DEFNET 2025 plonge nos forces dans un scénario d’affrontement intégrant un combat cyber de forte intensité avec des conséquences opérationnelles notables.
#DEFNET2025 I Entraîner les armées françaises au combat cyber de haute intensité
Du 17 au 28 mars prochain, le @ComcyberFR (Comcyber) pilote le Defnet, l’exercice annuel majeur de cyberdéfense.
Explications avec le colonel Zeiger, chef des opérations à l’état-major du Comcyber.… pic.twitter.com/Ew4UD9MWgt
— Ministère des Armées (@Armees_Gouv) March 14, 2025
DEFNET 2025 : un exercice national de grande envergure
En mars 2025, le commandement de la cyberdéfense des armées (Comcyber) organisera la quatrième édition de DEFNET. Cet exercice national se déroulera du 17 au 28 mars 2025, avec Rennes comme épicentre. Plusieurs centaines de cybercombattants seront mobilisés pour affronter une vingtaine d’incidents simulés répartis sur 14 sites militaires, dont Lanvéo, Orléans, Clamart, Paris, Mailly-le-Camp, Nancy, Châlons-sur-Saône, Lyon, Toulon, Marignane, Toulouse, Mont-de-Marsan et Bordeaux.
Le scénario met en scène Ostland et Titane — deux pays fictifs — où Ostland bénéficie du soutien français contre le pays Titane, présenté comme hostile. Tous les domaines sont concernés : terre, mer, air et espace.








