Face aux enjeux géopolitiques actuels et à la modernisation de sa défense, la République tchèque a décidé de prolonger l’exploitation de ses chasseurs Gripen loués à la Suède. Une mesure transitoire, en attendant la livraison de nouveaux F-35 prévue pour 2035, qui s’inscrit dans un renforcement plus large de ses capacités militaires.
Le Gripen maintenu en attendant le F-35 américain
La République tchèque continuera de s’appuyer sur ses 12 avions de chasse Gripen de fabrication suédoise jusqu’en 2035. Entrés en service en 2005, ces appareils de Saab ont prouvé leur fiabilité au fil des années. Le contrat de location initial, déjà prolongé en 2014, devait arriver à échéance en 2027. Prague a finalement décidé de le renouveler, garantissant ainsi la permanence de son dispositif de défense aérienne.
Ce prolongement intervient dans un contexte de transition majeure pour l’armée de l’air tchèque. En effet, le pays a validé en 2023 l’achat de 35 avions F-35, des chasseurs de cinquième génération produits aux États-Unis. Ces appareils ultra-modernes ne seront opérationnels qu’à partir de 2035. Le maintien des Gripen permettra donc de combler l’intervalle, évitant toute rupture de capacité militaire.
Une modernisation militaire plus large en réponse aux défis actuels
Au-delà des avions de chasse, le gouvernement tchèque renforce également ses capacités terrestres. Il a récemment annoncé l’acquisition de 48 véhicules blindés, dont 24 Titus conçus en coopération entre la France (Nexter) et le constructeur local Tatra, et 24 MARS, destinés à transporter des systèmes de défense aérienne. Ces achats, évalués à plus de 300 millions d’euros au total, s’appuient sur les enseignements tirés des récents conflits en Europe de l’Est.
Les véhicules MARS embarqueront des systèmes RBS NG 70 de Saab, renforçant l’intégration des technologies suédoises dans les forces tchèques. Ces investissements s’inscrivent dans un effort budgétaire accru en matière de défense, aligné sur les objectifs de l’OTAN qui visent une hausse des dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035. Pour Prague, il s’agit autant d’assurer sa sécurité que de montrer son engagement vis-à-vis de l’alliance atlantique.








