Un comité bipartisan du Congrès américain a lancé une investigation sur l’usage présumé des satellites Starlink pour faciliter des opérations d’escroquerie à l’international. Cette démarche, démarrée en juillet 2024, vise à examiner comment Starlink pourrait soutenir des réseaux criminels principalement actifs en Asie du Sud-Est, une région devenue le théâtre d’un esclavage numérique où des milliers de personnes sont contraintes de travailler dans des conditions inhumaines.
Escroqueries en plein essor en Asie du Sud-Est
Depuis cinq ans, les « usines de cyber-escroqueries » ont fleuri en Asie du Sud-Est, surtout aux abords de la frontière entre la Thaïlande et le Myanmar. Un rapport de la BBC datant d’avril 2024 décrit ces centres d’appels frauduleux, où, selon une estimation des Nations Unies en 2023, environ 120 000 personnes seraient exploitées. Ces travailleurs sont contraints de participer à des activités illégales sous peine de sanctions sévères.
En février 2024, une opération a permis de libérer 7 000 travailleurs d’un centre au Myanmar. Malgré les tentatives des autorités locales pour fermer ces centres – notamment en coupant l’électricité et les télécommunications dans cinq villes frontalières – le phénomène perdure.
Le rôle épineux de Starlink
Au cours des trois derniers mois, Starlink est devenu le principal fournisseur d’accès à Internet au Myanmar, soulignant son rôle dans la connectivité mondiale. De nombreux récepteurs Starlink ont été repérés sur les toits des centres d’escroquerie, ce qui soulève des questions sur les interférences des satellites.
La sénatrice Maggie Hassan a ouvertement appelé Elon Musk à intervenir pour empêcher cette supposée utilisation abusive de Starlink. Dans son communiqué du 28 juillet, elle a rappelé que « SpaceX a la responsabilité d’empêcher que [le service Starlink] soit détourné par des criminels pour cibler des Américains. » Selon elle, ces réseaux ont entraîné d’importantes pertes financières tant aux États-Unis qu’à l’international.
Récits et poursuites judiciaires
Erin West, ancienne procureure et fondatrice d’Operation Shamrock, a dénoncé ce qu’elle juge « inexcusable » : l’implication présumée d’une entreprise américaine dans ces manœuvres illégales. Dès juillet 2024, elle avait alerté Starlink sur l’utilisation de sa technologie par des syndicats criminels chinois, sans obtenir de réponse.
En parallèle à l’enquête du Comité économique conjoint du Congrès, différentes agences fédérales et étatiques se mobilisent contre ces réseaux. Le 14 octobre, le Département de la Justice a annoncé la saisie d’environ 15 milliards d’euros en bitcoin reliés à un réseau similaire opérant au Cambodge.








