Conflit Israël / Iran : Téhéran menace de fermer le détroit d’Ormuz

La possible fermeture du détroit d’Ormuz inquiète les marchés mondiaux. Téhéran cherche à répliquer après le début de la guerre avec Israël.

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Conflit Israël / Iran : Téhéran menace de fermer le détroit d’Ormuz | Armees.com

L’escalade militaire entre l’Iran et Israël pourrait avoir des répercussions importantes sur le commerce international. Téhéran menace de fermer le détroit d’Ormuz, une route stratégique, surtout pour l’acheminement du pétrole.


Après l’attaque d’Israël, l’Iran hésite à fermer le détroit d’Ormuz


Coincé entre le sultanat d’Oman et les côtes méridionales de l’Iran, le détroit d’Ormuz n’est pas qu’un passage maritime. Pour les stratèges de la République islamique, il constitue un levier de coercition internationale. Quand le pétrole devient une arme, le détroit d’Ormuz se transforme en goulot d’étranglement planétaire.


Depuis le 13 juin 2025, alors que des frappes israéliennes visaient des sites militaires iraniens, Téhéran a immédiatement agité la menace : fermer le détroit. Une annonce aussi brutale que calculée. « La fermeture du détroit est à l’étude », a déclaré Sardar Esmail Kowsari, député de Téhéran et ancien commandant des Gardiens de la Révolution.


L’objectif ? Redessiner les rapports de force au Moyen-Orient en menaçant directement le poumon énergétique du monde. En bloquant Ormuz, l’Iran ne cherche pas seulement à provoquer : il impose un rapport de dépendance, surtout sur le commerce du pétrole.


Ce rétrécissement stratégique, large en moyenne de 40 kilomètres, assure le passage quotidien de près de 100 navires, transportant 20 % du pétrole brut mondial et un quart du gaz naturel liquéfié. C’est cette concentration logistique qui en fait une cible militaire prioritaire pour Téhéran… ou plutôt un levier diplomatique par menace interposée. Dès l’annonce iranienne, les marchés ont flanché. Le Brent a grimpé de 65 à 75 dollars, le WTI, de moins de 65 à 72 dollars.


Une doctrine hybride : missiles, drones, mais surtout menaces ciblées


Téhéran ne se contente pas d’une menace maritime passive. La doctrine asymétrique iranienne prévoit un usage combiné de ses armes : missiles sol-sol, drones Shahed, frappes ciblées sur des navires ou infrastructures portuaires dans le Golfe. Elle inclut aussi des cyberattaques, comme celle de 2012 contre le secteur pétrolier saoudien.


Dans ce dispositif, le détroit d’Ormuz est un amplificateur. La simple évocation de sa fermeture suffit à générer des répercussions globales, sans même qu’un coup de feu soit tiré. Une efficacité maximale pour un coût militaire nul. Certains experts craignent des conséquences très négatives sur l’Europe. Et pour cause : la zone est un maillon vital de la chaîne d’importation de l’énergie sur le Vieux Continent.


Sur le volet militaire, des forces occidentales croisent encore dans la région : flottes françaises, britanniques, américaines assurent une présence constante. Mais dans la réalité tactique, le détroit d’Ormuz est à portée de tir directe de l’Iran. Si Téhéran joue cette carte, ce n’est pas une surprise. Depuis des décennies, Téhéran intègre le détroit d’Ormuz à sa stratégie dissuasive, bien plus qu’à une guerre conventionnelle. Le message est clair : si l’Iran est acculé, il peut faire sauter la banque mondiale de l’énergie, sans appuyer sur un bouton nucléaire.

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