Des espions russes traquaient nos Mirage 2000 en secret : les services de renseignement révèlent comment ils ont été démasqués

14 espions russes recrutés sur Telegram, sans jamais connaître leur véritable mission. Leurs photos d’avions de chasse permettaient à Moscou de préparer ses frappes. Comment un simple passionné d’aviation a-t-il tout déclenché ?

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Des espions russes traquaient nos Mirage 2000 en secret : les services de renseignement révèlent comment ils ont été démasqués
Des espions russes traquaient nos Mirage 2000 en secret : les services de renseignement révèlent comment ils ont été démasqués © Armees.com

Les services de sécurité ukrainiens ont annoncé, jeudi, le démantèlement d’un réseau d’espionnage russe basé en Ukraine. 14 personnes ont été arrêtées. Selon le SBU, ces agents collectaient des informations sur les bases aériennes ukrainiennes et traquaient les avions de chasse occidentaux, en particulier les F-16 et les Mirage 2000 français.

L’annonce a été publiée sur la chaîne Telegram du SBU, photos à l’appui. D’après le Kyiv Post, les 14 personnes arrêtées travaillaient pour le GRU, le renseignement militaire russe. Leur mission consistait à surveiller précisément les horaires de décollage et d’atterrissage des appareils sur ces bases, des données qui, selon l’enquête, permettaient à Moscou de préparer ses frappes.

Un travail d’espionnage dissimulé

Le SBU l’affirme sans détour : « Selon l’enquête, l’activité des suspects permettait à l’adversaire de planifier et de mener des attaques contre les aérodromes militaires ukrainiens abritant des avions de combat F-16 et Mirage 2000. »

Tout est parti d’un habitant de Lviv, dans l’ouest du pays. Administrateur d’une chaîne Telegram consacrée à l’aviation militaire, cet homme a attiré l’attention du GRU après avoir publié des photos d’avions de combat ukrainiens dans plusieurs groupes favorables au Kremlin. Une fois recruté, il s’est servi de son propre canal pour recruter à son tour, sans qu’ils s’en doutent, les treize autres membres du réseau.

Ces treize recrues habitaient toutes à proximité d’une base aérienne militaire, réparties dans plusieurs régions du pays. Pensant simplement alimenter la chaîne Telegram consacrée à l’aviation, elles n’avaient aucune idée de la destination finale de leurs clichés. Les photos étaient en réalité déposées dans un espace de stockage en ligne accessible à un contact basé en Russie. Tout le montage reposait sur ce principe : recruter sur Telegram, sans jamais dévoiler l’objectif réel de l’opération.

L’enquête se poursuit pour établir le rôle exact de chacun des membres du réseau. Le SBU a mené plusieurs perquisitions après la découverte de ce dispositif. Des téléphones et du matériel photo, attestant de la collecte d’informations sur l’aviation militaire, ont été saisis à cette occasion.

Pour empêcher toute nouvelle fuite, les autorités ukrainiennes ont bloqué quatre chaînes Telegram et dix groupes qui servaient à diffuser des photographies des unités aériennes du pays. L’information avait initialement été rapportée par Le Parisien.

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