Défense : la très haute altitude (THA) au centre de la stratégie française

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Défense : la très haute altitude (THA) au centre de la stratégie française | Armees.com

La très haute altitude (THA) échappe encore aux lois internationales. Ce territoire attire l’attention des forces armées, notamment chinoises, américaines, mais aussi françaises. Le général Alexis Rougiers, en charge de la THA, dans un entretien pour Paris Match publié le 26 janvier 2025, détaille les défis et les ambitions de la France liés à cette zone clé.

La très haute altitude, c’est quoi ?

La très haute altitude désigne l’espace compris entre 20 et 100 kilomètres au-dessus du niveau de la mer. Cette zone commence là où volent les avions de ligne et finit à la limite dite de Karman. Comme le souligne le général Alexis Rougiers auprès de Paris Match, cette frontière est « l’extrémité haute du milieu aérien ». Pourtant, elle reste arbitraire : « Il n’y a pas de véritable frontière claire entre l’air et l’espace. »

Cette ambiguïté s’explique par les caractéristiques physiques de cette région : « l’air y devient de plus en plus rare à mesure que l’altitude augmente, mais il n’y a pas de rupture nette ». Il y a de fait un véritable flou juridique sur la THA.

Pourquoi la THA est-elle stratégique pour la France ?

La règle actuelle étant qu’il n’y a pas de règle, la très haute altitude (THA) offre des opportunités uniques pour la France, notamment pour déployer des ballons HAPS (High Altitude Pseudo-Satellite), technologie qu’elle maîtrise et qui peut être utilisés pour des missions de surveillance et de communication.

La maîtrise de la très haute altitude « représente un enjeu de souveraineté pour la France », insiste Alexis Rougiers. En effet, outre les ballons HAPS, la THA est la zone privilégiée utilisée des missiles supersoniques et hypersoniques, menaçant ainsi directement la sécurité et la capacité de défense nationale.

Face à de telles menaces, et c’est là tout l’enjeu, il est impératif que la France renforce ses capacités pour détecter et intercepter ces objets. Fort heureusement, dans ce domaine, la France dispose d’atouts considérables : ses Rafales, ses Mirages 2000, et ses systèmes de défense sol-air.

Une course contre-la-montre

Au-delà de la défense, la THA pourrait devenir essentielle pour d’autres usages. Alexis Rogiers envisage des applications dans le transport, la logistique, et même le tourisme spatial. Des projets qui sont à l’étude, et qui dépendront de la rapidité des progrès technologiques.

Course contre-la-montre, le vide juridique autour de la THA pourrait dans le futur être comblé. Il est donc essentiel que la France prenne les devants en se positionnant dès à présent sur cette zone essentielle pour sa souveraineté et sa sécurité.

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