La Colombie vient de prendre une grande décision stratégique en choisissant d’acheter les avions de combat Gripen, fabriqués par la société suédoise Saab. Ce tournant marque le début d’une modernisation de la flotte aérienne, puisque le pays se prépare à remplacer ses vieux chasseurs Kfir d’origine israélienne, utilisés depuis 45 ans. Ce choix montre bien que la Colombie veut renforcer ses capacités militaires tout en lançant des projets sociaux profitables à l’ensemble du pays.
Un achat qui se veut stratégique et économique
Le président colombien Gustavo Petro a confirmé cette décision après plusieurs années de négociations et d’évaluations poussées. D’après La Tribune, la Colombie devrait acquérir 16 Gripen E/F pour environ 3,65 milliards de dollars, comme le mentionnent les rapports budgétaires du ministère de la Défense colombien.
L’achat des Gripen s’inscrit dans une démarche pour renforcer la défense aérienne du pays. Face aux offres concurrentes des avions de combat Rafale de Dassault Aviation et des F-16 de Lockheed Martin, la Colombie a choisi Saab, et ce, malgré un coût un peu plus élevé (le Rafale, qui avait séduit par son efficacité et son prix compétitif, n’a finalement pas été retenu, ce qui soulève quelques questions quant à l’image que véhicule la France et ses capacités militaires).
Des retombées sociales et un coup de pouce à l’industrie
Au-delà du volet militaire, cet achat est accompagné d’investissements sociaux importants qui devraient profiter directement aux régions les plus démunies de Colombie. Par exemple, on prévoit de :
- construire une usine de panneaux solaires flexibles dans le département de Córdoba
- installer des systèmes d’accès à l’eau potable dans la région aride de La Guajira
De son côté, Saab s’est engagé à mettre en place un centre de maintenance pour ces avions en Colombie, ce qui devrait stimuler l’innovation et le développement industriel local (en collaborant avec l’industrie colombienne, Saab espère créer de nombreux emplois et dynamiser l’économie nationale).
Un environnement sécuritaire compliqué
L’achat intervient alors que la situation sécuritaire en Colombie est particulièrement compliquée. Le pays est confronté depuis plus d’une décennie à une violence constante liée au trafic de drogue. Certaines zones stratégiques sont sous l’emprise de bandes armées, incluant des dissidents des ex-FARC et des rebelles du groupe ELN. Premier producteur mondial de cocaïne, la Colombie se voit dans l’obligation de renforcer en permanence ses forces militaires pour contrer ces menaces internes.
Cette instabilité renforce d’autant la nécessité de renouveler et de renforcer les forces aériennes colombiennes pour mieux protéger le territoire national.
Des répercussions sur la scène internationale
Le choix colombien a aussi des répercussions pour Dassault Aviation, qui se voit privés d’un contrat évalué à 3,2 milliards d’euros. Ce revers rappelle celui du « contrat du siècle » entre la France et l’Australie concernant les sous-marins, où un important manque à gagner avait été constaté, en partie à cause des performances des Rafales. Néanmoins, Dassault Aviation n’est pas à l’abri d’autres affaires : en avril dernier, l’Inde a signé un accord avec la France pour acquérir 26 Rafale destinés à sa marine, après avoir déjà reçu 36 appareils.
Avec plus de 500 exemplaires produits et vendus, le Rafale est le produit d’armement français le plus commercialisé. Un contrat envisagé avec l’Inde concernant 40 avions supplémentaires est en cours de discussion, ce qui montre que le savoir-faire français continue de séduire ceux qui souhaitent moderniser leur flotte.








