Depuis son retour à la Maison-Blanche, l’administration Trump semble reculer dans les mesures de lutte contre les attaques informatiques en provenance de Russie. Des experts du cyber américains commencent à tirer la sonnette d’alarme sur le sujet.
La menace cyber en provenance de Russie revient aux États-Unis
L’administration Trump modifie sa posture face aux menaces cyber. Elle annonce publiquement et en interne que la Russie ne figure plus parmi les adversaires prioritaires des États-Unis dans le domaine de la cybersécurité. Cette réorientation marque un tournant stratégique, alors que les services de renseignement américains et leurs alliés considèrent toujours Moscou comme une menace active.
Lors d’un récent discours aux Nations unies sur la cybersécurité, Liesyl Franz, secrétaire adjointe pour la cybersécurité internationale au département d’État, souligne les dangers posés par certains États, citant la Chine et l’Iran, mais omettant toute mention de la Russie. Pourtant, les services américains viennent de désigner le groupe de ransomware LockBit, lié à Moscou, comme la menace la plus prolifique au monde. Cette omission suscite de vives réactions de la part des experts et des alliés européens, qui continuent de dénoncer les cyberattaques russes, notamment contre l’Ukraine.
Dans les coulisses, un mémo interne de l’Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) révèle un changement d’orientation similaire. Alors que cette agence, rattachée au Département de la Sécurité intérieure, suivait de près les activités de cyberespionnage russes, elle vient de redéfinir ses priorités en mettant l’accent sur la Chine et les menaces locales, sans mentionner Moscou. Selon une source anonyme citée par The Guardian, « les analystes ont reçu pour consigne de ne plus suivre ou signaler les menaces russes », une rupture radicale avec les pratiques antérieures.
Un rapprochement politique aux conséquences sécuritaires
Ce revirement intervient alors que Donald Trump affiche un rapprochement croissant avec Vladimir Poutine sur la scène internationale. Les États-Unis viennent de voter contre une résolution de l’ONU condamnant l’invasion russe de l’Ukraine, un positionnement qui illustre un changement d’alignement stratégique. Cette dynamique se traduit également par des décisions affectant le cyber, avec une réduction des effectifs spécialisés et un affaiblissement des dispositifs de protection contre les attaques russes. « Nos systèmes ne seront pas protégés, et nos adversaires le savent », s’inquiète une source proche de la CISA.
Cette nouvelle posture suscite des inquiétudes parmi les experts cyber, qui rappellent que la Russie reste l’un des acteurs les plus agressifs dans ce domaine. Moscou a été impliqué dans de nombreuses attaques contre des infrastructures critiques, des institutions gouvernementales et des entreprises américaines.








