Le gouvernement justifie cette hausse budgétaire par la nécessité de préparer la France à faire face à un conflit de haute intensité, notamment à la lumière des leçons tirées de la guerre en Ukraine. Parmi les priorités du ministère des Armées pour 2025, on retrouve la livraison d’équipements importants, tels que 14 Rafale, plus de 300 véhicules Scorpion, ainsi que des missiles Aster pour les frégates françaises. Cette année sera également marquée par un effort en faveur de l’intelligence artificielle, de l’augmentation des stocks de munitions, et par des mesures pour fidéliser les effectifs.
Une promesse budgétaire remise en question
Malgré ces bonnes nouvelles, un élément inquiète les militaires. Alors que la LPM stipulait que les coûts liés à la facilité européenne pour la paix et à la remise en état des équipements envoyés en Ukraine seraient financés hors du budget militaire, cette promesse pourrait ne pas être tenue. Le ministère des Armées devra ainsi prendre en charge ces dépenses supplémentaires, ce qui pourrait réduire de manière significative le budget réellement disponible pour ses propres opérations.
Cette situation rappelle un précédent en 2017, lorsque des surcoûts avaient été intégrés au budget des armées, menant à la démission du chef d’état-major des armées de l’époque, Pierre de Villiers.
Une trajectoire budgétaire en hausse depuis 2017
Depuis 2017, le budget des armées a connu une augmentation constante de 48 %, en ligne avec l’engagement pris par la France au sein de l’OTAN de consacrer 2 % de son PIB à la défense. Cette progression met fin à une longue période de réduction des dépenses militaires, amorcée après la guerre froide. Malgré cette trajectoire encourageante, les experts estiment que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour que la France puisse faire face à un conflit de grande envergure sur plusieurs mois. En particulier, les stocks de munitions sont jugés insuffisants, et le nombre de matériels, tels que les 225 Rafale ou les 200 chars Leclerc rénovés, reste trop limité.
Des arbitrages difficiles à venir
Enfin, pour répondre aux besoins croissants de l’armée, des arbitrages budgétaires pourraient être nécessaires. Par exemple, le financement d’un porte-avions de nouvelle génération, estimé à plus de 5 milliards d’euros, est remis en question par certains experts qui soulignent que cet argent pourrait être investi dans des frégates furtives ou des drones navals, plus adaptés aux conflits modernes. De même, le programme de rénovation des hélicoptères Tigre a été réduit en juin 2024, suscitant des doutes quant à la pertinence de cet armement face à la montée en puissance des drones sur les champs de bataille.
Les défis sont donc nombreux pour le ministère des Armées, qui doit naviguer entre des priorités stratégiques parfois contradictoires tout en maintenant une trajectoire budgétaire ambitieuse.








