Avion de combat du futur : Berlin ouvre des discussions avec Tokyo sur le programme GCAP

En visite au Japon le 28 octobre, le chancelier Friedrich Merz a annoncé vouloir examiner une coopération germano-japonaise dans les avions de combat. Cette démarche pourrait rapprocher Berlin du programme GCAP porté par le Japon, le Royaume-Uni et l’Italie, après la rupture du projet de chasseur franco-allemand.

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Avion de combat du futur : Berlin ouvre des discussions avec Tokyo sur le programme GCAP © Armees.com

L’Allemagne a franchi une nouvelle étape dans sa recherche d’un partenaire pour son futur avion de combat. À Tokyo, mercredi 28 octobre 2026, le chancelier Friedrich Merz a annoncé que Berlin et le Japon allaient examiner les possibilités de coopération dans ce domaine. Il s’agit d’une étude de partenariat, et non d’une adhésion allemande au programme GCAP.

La déclaration est intervenue après une rencontre avec la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. Le gouvernement fédéral allemand confirme que les deux pays ont décidé d’approfondir leur coopération en matière de défense et d’industrie d’armement. Le compte rendu officiel japonais du sommet fait état d’un rapprochement plus large sur la sécurité et les technologies avancées.

Le GCAP, une option désormais examinée avec Tokyo

Le Global Combat Air Programme (GCAP) associe actuellement le Japon, le Royaume-Uni et l’Italie autour d’un avion de combat de nouvelle génération, dont l’entrée en service est visée pour 2035. Berlin envisage de se rapprocher de ce programme, mais les modalités de participation restent ouvertes.

Selon les déclarations de Merz rapportées par Reuters le 28 octobre, les ministres de la Défense allemand et japonais doivent se rencontrer prochainement pour approfondir le dossier. Le chancelier a souligné que le partage des tâches industrielles entre les partenaires existants était déjà largement avancé. Ce point pèsera dans l’évaluation d’une éventuelle arrivée de l’Allemagne.

Tokyo souhaiterait disposer rapidement d’une clarification, mais Merz n’a pas garanti qu’une décision allemande pourrait être prise d’ici au début de 2027. Le calendrier d’examen ne doit donc pas être confondu avec celui d’un engagement contractuel.

Airbus discute aussi avec l’Allemagne et l’Espagne

Le même jour, le directeur général d’Airbus, Guillaume Faury, a déclaré que son groupe travaillait étroitement avec les gouvernements allemand et espagnol sur l’avenir d’un chasseur européen. Il a cité le GCAP comme un partenaire potentiel, d’après une autre dépêche Reuters publiée le 28 octobre.

Ces deux prises de parole montrent que les discussions politiques et les réflexions industrielles progressent en parallèle. Airbus représente des intérêts industriels majeurs en Allemagne et en Espagne. Une éventuelle coopération avec le consortium GCAP supposerait de négocier les responsabilités techniques, la propriété intellectuelle, le financement et l’organisation de la production.

Le programme existant réunit déjà des industriels de trois pays : BAE Systems au Royaume-Uni, Leonardo en Italie et Mitsubishi Heavy Industries au Japon. L’arrivée d’un nouvel État partenaire pourrait élargir les ressources financières et industrielles, tout en compliquant la répartition du travail. Aucune nouvelle architecture de consortium n’a été annoncée à Tokyo.

Ce que cette démarche change pour la France

La portée de ces discussions est directement européenne. La France et l’Allemagne avaient engagé avec l’Espagne le Système de combat aérien du futur (SCAF), avant que les divergences sur le développement du chasseur ne conduisent à l’abandon de ce volet commun en juin 2026. Les partenaires avaient alors envisagé de préserver des coopérations sur les systèmes associés, notamment les drones et les réseaux de données.

Pour Paris et Dassault Aviation, la recherche allemande d’un autre avion de combat confirme une réorganisation des partenariats industriels dans l’aviation militaire européenne. Elle pose notamment la question de la coexistence de plusieurs programmes de nouvelle génération et de leurs débouchés à l’exportation.

Le prochain jalon concret sera l’échange entre les ministères de la Défense allemand et japonais. Il devra préciser si Berlin peut rejoindre un programme déjà structuré, avec quelles responsabilités industrielles et selon quel calendrier. À ce stade, ni commande, ni entrée de l’Allemagne dans le GCAP, ni nouveau contrat de développement n’ont été annoncés.

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