La Suisse, réputée pour sa neutralité, se retrouve dans une situation délicate pour sa défense antiaérienne. Le pays avait prévu d’acheter cinq systèmes américains Patriot pour environ 2,02 milliards d’euros, avec des livraisons prévues entre 2026 et 2028. Ces livraisons accusent désormais un retard de quatre à cinq ans. Cela pousse Berne à regarder vers des alternatives européennes, notamment le SAMP/T NG, co-développé par la France et l’Italie, rapporte BFMTV. Ce retard pourrait aussi entraîner des surcoûts, des incertitudes et affecter les relations transatlantiques.
Retards et conséquences pour la Suisse
La mise à disposition des Patriot a été repoussée surtout parce que Washington a priorisé le renforcement des capacités ukrainiennes. Selon le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS), ce décalage pourrait générer des coûts supplémentaires et repousser les premières livraisons à 2030 voire 2032. La formation des équipages suisses et la mise en service opérationnelle des systèmes pourraient aussi s’en trouver compliquées.
Cette situation n’est pas isolée : elle reflète aussi les difficultés rencontrées par la Suisse sur un autre grand programme avec les États-Unis, les avions de combat F-35. Le Conseil fédéral suisse a décidé de réduire le nombre prévu de 36 à 30 exemplaires, signe des tensions politiques et des frictions transatlantiques.
Des solutions européennes sur la table
Face à ces retards, la Suisse étudie d’autres options. Le SAMP/T NG, développé par le consortium Eurosam, apparaît comme une alternative sérieuse. Il offrirait une coopération européenne et pourrait être livré plus vite à la Suisse en cas de commande rapide. Markus Mäder, secrétaire d’État suisse à la politique intérieure, a rappelé leur volonté d’être « interopérables avec notre environnement, et cet environnement, c’est l’Europe. »
Plusieurs pays ont déjà choisi le SAMP/T NG :
- la France a commandé dix exemplaires,
- et le Danemark en a également fait l’acquisition.
- L’Ukraine doit recevoir un exemplaire cette année (qui a par ailleurs été testé contre des menaces balistiques).
La Suisse examine aussi d’autres pistes, comme le système Iris-T SLX de Diehl Defence ou le L-SAM du groupe Hanwha en Corée du Sud.








