À Dakar, la France tourne la page de sa présence militaire historique

La fermeture de la dernière base militaire française à Dakar marque la fin d’une ère et le début d’un partenariat renouvelé entre Paris et le Sénégal.

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La fermeture de la dernière base militaire française à Dakar marque la fin d’une ère et le début d’un partenariat renouvelé entre Paris et le Sénégal. Wikipedia
La fermeture de la dernière base militaire française à Dakar marque la fin d’une ère et le début d’un partenariat renouvelé entre Paris et le Sénégal. Wikipedia | Armees.com

Après plus de soixante ans de présence continue, la France a officiellement quitté Dakar en cédant sa dernière base militaire. Ce retrait illustre un changement stratégique majeur dans la relation franco-sénégalaise et plus largement avec l’Afrique de l’Ouest.

Une page d’histoire qui se ferme à Dakar

Selon Le Figaro, la cérémonie s’est déroulée sobrement, loin des fastes habituels. Le général Pascal Ianni, représentant des forces françaises, a remis les clés de la base Geille à son homologue sénégalais, le général Mbaye Cissé. Ce geste symbolique marque la fin d’une présence militaire française qui avait débuté à l’époque coloniale et perduré sous divers accords post-indépendance. Le camp Geille, installé en plein cœur de Dakar, était le dernier bastion de l’armée française en Afrique de l’Ouest.

Ce retrait s’inscrit dans une dynamique amorcée depuis plusieurs années. Paris avait déjà dû fermer ses bases au Mali, au Burkina Faso et au Niger sous la pression de régimes militaires et d’opinions publiques hostiles. À Dakar, la décision a été facilitée par la volonté affichée du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko de mettre fin à toute présence militaire étrangère sur le sol national.

Vers une coopération militaire repensée

Pour la France, ce départ ne signe pas la fin des relations stratégiques avec le Sénégal. Paris veut désormais privilégier des partenariats plus souples et égalitaires. Le modèle de la base permanente laisse place à des collaborations ponctuelles, centrées sur la formation, le soutien logistique et l’échange d’expertise. Cette approche vise à répondre aux attentes d’une Afrique en quête de souveraineté et à renforcer les capacités locales sans apparaître comme une force d’occupation.

Les autorités sénégalaises y voient une opportunité d’affirmer l’autonomie de leur armée. Forte de progrès significatifs en matière de formation et d’équipement, l’armée sénégalaise est mieux préparée à relever les défis sécuritaires régionaux. La menace djihadiste, qui se rapproche des frontières du Sénégal, nécessite toutefois une coopération internationale. Dakar et Paris entendent donc écrire une nouvelle page, fondée sur le respect mutuel et l’intérêt commun.

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