Armement : fâchée contre la Suisse, l’Allemagne pourrait aller voir ailleurs

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Armement : fâchée contre la Suisse, l’Allemagne pourrait aller voir ailleurs © Armees.com

Les relations entre l’Allemagne et la Suisse dans le domaine de l’armement sont mises à rude épreuve. Face au refus de Berne de réexporter des munitions suisses vers l’Ukraine, le chef de l’armement allemand annonce son intention de se passer des entreprises helvétiques pour ses futurs achats d’armement.

 

Armement : le veto suisse sur l’Ukraine qui change tout

Même avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Suisse maintient toujours sa neutralité qu’on lui connait. La Suisse a refusé à plusieurs reprises que 12 000 munitions suisses, achetées par l’Allemagne il y a plus de 30 ans, soient réexportées vers l’Ukraine. Ce refus, bien que conforme à la politique helvétique, a provoqué l’irritation de Berlin. L’Allemagne a ainsi décidé d’exclure la Suisse de certains de ses futurs contrats d’armement. « L’Allemagne a délibérément exclu les entreprises suisses pour certains achats », a confirmé le directeur de l’Office fédéral de l’armement suisse, Urs Loher, après une lettre reçue du chef de l’armement allemand.

L’Allemagne est le principal marché de la Suisse pour les exportations de matériel militaire. En 2023, les ventes suisses d’armement vers l’Allemagne représentaient 168,5 millions de francs suisses, un chiffre conséquent pour un pays dont les exportations militaires ne représentent que 1 % du marché mondial entre 2015 et 2019. Cette exclusion pourrait donc affaiblir considérablement l’industrie de défense suisse, déjà marginale à l’échelle internationale. La participation de la Suisse aux chaînes de production internationales pourrait également être impactée, compliquant la maintenance de son industrie de défense autonome. Les experts estiment que près de 14 000 emplois sont en jeu.

La neutralité suisse peut-elle encore tenir longtemps ?

La neutralité suisse, si chère à la Confédération, est aujourd’hui en cause. Les pressions internationales se multiplient pour que la Suisse modifie ses lois sur l’exportation d’armes. Cependant, à l’heure actuelle, le Conseil fédéral reste ferme : les munitions suisses ne peuvent être réexportées vers des pays impliqués dans des conflits armés. Le Conseil fédéral avait déjà refusé des dérogations à l’Allemagne, à l’Espagne et au Danemark, qui souhaitaient déjà livrer du matériel à l’Ukraine.

Cette position est défendue par plusieurs politiciens suisses, dont Jean-Luc Addor, le conseiller national de l’UDC, qui estime que la lettre est complètement exagérée et donc cela signifierait que l’Allemagne ne comprend plus la neutralité suisse. Cependant, Isabelle Chappuis, membre du parti centriste, estime que l’Allemagne envoie un signal fort et qu’il est temps pour la Suisse de reconsidérer sa politique. Faut-il revoir la législation sur l’exportation d’armes en Suisse ou préserver la neutralité à tout prix ?  Avec ce véto de la Suisse pour l’envoi de munitions vers l’Ukraine, les Pays-Bas ont également annoncé qu’ils renonceraient à l’avenir à l’équipement militaire suisse.

1 réflexion au sujet de « Armement : fâchée contre la Suisse, l’Allemagne pourrait aller voir ailleurs »

  1. Lorsqu’on est neutre et que l’on veut le rester… alors il faut faire des choix !
    Par exemple, on ne fabrique des armes que pour son usage national. Neutralité garantie.
    Mais si pour une réduction des coûts de production on décide de devoir en exporter à l’encontre de sa sacro-sainte neutralité, alors on laisse à l’acheteur le libre de l’usage… sinon, on s’abstient !
    Les autorités de Suisse réfléchissent actuellement à une éventuelle entrée dans l’OTAN… par opportunisme commercial ?

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