Le 28 août 2024, la Corée du Nord a procédé à un geste inédit en enregistrant 13 de ses sous-marins auprès de l’Organisation maritime internationale (OMI). Cette initiative, rapportée par la Voix de l’Amérique (VOA), marque une première dans l’histoire du pays. Pyongyang semble ainsi vouloir légitimer sa flotte sous-marine sur la scène internationale, suscitant des interrogations quant aux intentions réelles du régime de Kim Jong-un.
Contexte géopolitique et implications stratégiques
Le contexte géopolitique actuel place cette décision nord-coréenne dans une perspective intrigante. Les sous-marins en question, dont la plupart sont des modèles anciens modernisés, sont principalement destinés à opérer dans les eaux côtières autour de la péninsule coréenne. Les sous-marins de classe Sang-O II, construits entre 2004 et 2006, dominent cette flotte, mais il est important de noter que ces navires sont des versions améliorées de modèles développés dans les années 1990.
La particularité de ces sous-marins réside dans leur capacité limitée pour les opérations à longue distance, ce qui soulève des questions sur la nature de leur enregistrement auprès de l’OMI. Certains experts suggèrent que cet enregistrement pourrait préparer le terrain pour des exercices conjoints avec la Chine et la Russie. Néanmoins, d’autres analystes restent sceptiques, se demandant pourquoi la Corée du Nord s’engagerait dans une procédure administrative considérée comme superflue pour un pays aussi secret.
État de la flotte sous-marine de Corée du Nord
L’état de la flotte sous-marine nord-coréenne est un autre élément essentiel pour mener à bien cette analyse. Parmi les sous-marins enregistrés figure le Héros Kim Kun-ok, un sous-marin de classe Sinpo-C, construit en 2023 et équipé de dix tubes de lancement pour missiles balistiques. Ce sous-marin, lancé en septembre dernier, représente la pointe de la technologie militaire nord-coréenne.
D’un autre côté, le Héros du 24 août, un sous-marin lanceur de missiles balistiques d’essais, a été construit en 2016. Ce dernier, bien que capable de lancer des missiles balistiques, est alimenté par un moteur diesel conventionnel, limitant ainsi sa portée opérationnelle et son endurance en dehors des eaux nord-coréennes (KBS).
Les implications de cet enregistrement de sous-marins sont multiples. D’une part, cela pourrait indiquer une volonté de la Corée du Nord de démontrer sa puissance sous-marine à ses voisins et à la communauté internationale. D’autre part, cela pourrait aussi signaler un renforcement de ses capacités de dissuasion, en particulier dans le cadre de ses relations tendues avec les États-Unis et leurs alliés en Asie-Pacifique.








