Safran va guider les missiles nucléaires français sans GPS : cette technologie de navigation que même un brouillage ennemi ne peut tromper

Sans GPS, sans signal, sans la moindre faille : comment Safran guide sous-marins, missiles et Rafale nucléaires français avec une précision redoutable ? 120 millions d’euros investis, 30 000 gyroscopes visés d’ici 2032.

Publié le
Lecture : 2 min
Safran va guider les missiles nucléaires français sans GPS : cette technologie de navigation que même un brouillage ennemi ne peut tromper
Safran va guider les missiles nucléaires français sans GPS : cette technologie de navigation que même un brouillage ennemi ne peut tromper © Armees.com

Safran a annoncé, lundi 2 novembre 2026, avoir été retenu pour trois programmes de navigation inertielle de la dissuasion nucléaire française : les futurs sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération, le missile M51.4 et les avions de combat Rafale. Selon BFMTV, le motoriste et équipementier aéronautique fournira à chacun sa technologie de gyroscope résonant hémisphérique, le HRG.

Conçu et produit en France, ce capteur de très haute précision permet de connaître position, vitesse et direction sans le moindre signal extérieur, grâce à des capteurs embarqués qui mesurent les mouvements. Un atout dès lors que les signaux GPS sont brouillés, dégradés ou absents, comme c’est le cas sous l’eau.

Les futurs SNLE succéderont progressivement aux bâtiments de la classe Triomphant à partir des années 2030. Safran y installera un système prenant la suite du SGN-3EV, permettant une navigation autonome plus longue. Privés de tout accès aux signaux satellitaires pendant l’essentiel de leur mission en plongée, ces sous-marins doivent connaître leur position avec une extrême précision pour assurer, le cas échéant, l’initialisation du tir du missile M51.

Pour le futur M51.4, qui équipera les SNLE de deuxième et troisième génération, Safran fournira une nouvelle génération de centrales inertielles, la CI4, s’appuyant sur une technologie HRG dite dual core. Plus compactes, elles doivent accroître la précision du guidage.

La version actuelle du missile M51 intégrera elle aussi ce capteur. Même technologie enfin pour une majorité des futurs Rafale destinés aux forces françaises, où elle équipera la cinquième tranche de production. Sur le porte-avions Charles de Gaulle, la centrale de navigation Safran sert déjà de référence pour calibrer, à la mer, le système des Rafale avant chaque mission.

Un investissement de 120 millions d’euros à Montluçon

Pour répondre à la demande, Safran a investi 120 millions d’euros en 2026 dans ses sites français, à la suite d’une annonce faite en juin au sujet de son usine de Montluçon, dans l’Allier. L’objectif est de tripler la production annuelle de gyroscopes HRG, fabriqués à hauteur de 10 000 unités par an en 2026 dans les 58 usines françaises du groupe, pour atteindre 30 000 unités d’ici à 2032.

Cette montée en puissance s’appuie sur une relation ancienne avec la direction générale de l’armement (DGA). Franck Saudo, président de Safran Electronics & Defense, a déclaré être particulièrement fier de la confiance renouvelée par la DGA depuis 1972.

La technologie a déjà fait ses preuves sur le terrain. Le 6 octobre 2026, le sous-marin Le Vigilant a tiré avec succès un missile M51.3 au large du Finistère, en présence du président de la République. Ce tir devait valider la capacité opérationnelle du SNLE après une indisponibilité périodique pour entretien et réparation.

À bord, le système SGN-3EV et la nouvelle horloge de haute précision Beluga ont permis de connaître la position et l’heure exactes, tandis que la centrale inertielle du missile assurait son guidage avec un très haut degré de précision.

Le groupe, dirigé par Olivier Andriès, en a profité en Bourse. Le même 2 novembre, l’action Safran gagnait 2,5 %, à 282,70 euros, quand le CAC 40 progressait de 0,4 %.

Laisser un commentaire

Share to...