Drones navals : Thales remporte un contrat de 53,9 millions de dollars auprès de l’US Navy

La filiale américaine de Thales, Advanced Acoustic Concepts, fournira à la marine des États-Unis deux modules de chasse aux mines à distance pour 53,9 millions de dollars. Ces équipements, utilisables depuis des navires habités ou des drones de surface, pourraient donner lieu à des commandes supplémentaires portant le contrat à 196,2 millions de dollars.

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Drones navals : Thales remporte un contrat de 53,9 millions de dollars auprès de l’US Navy © Armees.com

Thales a annoncé lundi 2 novembre un contrat de 53,9 millions de dollars avec l’US Navy pour deux modules de chasse aux mines à distance. Développés par sa filiale américaine Advanced Acoustic Concepts, ces systèmes peuvent être intégrés à des navires habités ou à des drones navals de surface, afin de détecter et de classifier des menaces sous-marines en éloignant les équipages de la zone dangereuse.

La marine américaine poursuit la modernisation de ses capacités de lutte contre les mines. Le groupe français Thales a annoncé que sa filiale Advanced Acoustic Concepts (AAC), implantée aux États-Unis, avait été retenue pour produire et livrer deux ensembles intégrés de type Remote Mine Hunting (RMH), accompagnés de prestations d’ingénierie. Le montant ferme annoncé est de 53,9 millions de dollars. Des options pour d’autres modules pourraient porter la valeur cumulée du programme à environ 196,2 millions de dollars, selon le communiqué diffusé par Thales le 2 novembre.

Comment fonctionnent les modules de chasse aux mines

Le système repose sur plusieurs technologies complémentaires. Un sonar remorqué à ouverture synthétique, capable de produire des images détaillées des fonds marins, contribue à repérer les objets suspects. Des logiciels de reconnaissance automatique de cibles, assistés par intelligence artificielle, aident à exploiter les données recueillies. Des moyens téléopérés complètent l’ensemble pour la suite de la mission.

Le dispositif doit permettre de détecter, localiser et classifier les mines à distance. Son intégration à des bâtiments avec équipage comme à des plateformes de surface sans équipage répond à une évolution des marines militaires : multiplier les capteurs déportés pour réduire l’exposition humaine et élargir les zones surveillées. Reuters confirme le montant du contrat et les options annoncés par le groupe.

La valeur potentielle de 196,2 millions de dollars n’est pas une commande ferme. Elle suppose que l’US Navy exerce les options prévues. Thales n’a pas présenté ces deux modules comme deux nouveaux navires autonomes : il s’agit d’équipements de mission destinés à s’intégrer dans les moyens navals concernés.

Un contrat américain pour un groupe de défense français

La commande concerne une filiale américaine de Thales et un client militaire américain. Elle renforce la présence du groupe français sur le marché de la guerre sous-marine, particulièrement dans les systèmes permettant de rechercher des mines sans engager immédiatement un bâtiment habité dans une zone exposée.

Les mines constituent un enjeu pour les opérations militaires, l’accès aux ports et la sécurité des voies maritimes. Dans un environnement où des engins de surface sans équipage peuvent patrouiller longtemps, l’association d’un sonar, d’outils d’analyse et d’une plateforme déportée offre aux forces navales davantage de possibilités pour préparer leurs interventions.

La France développe également ses drones de surface

Ce contrat américain intervient alors que la Marine nationale française fait évoluer ses propres programmes. Le ministère des Armées a présenté le 29 octobre plusieurs projets de dronisation destinés au salon Euronaval, dont DANAÉ pour la protection des ports et l’escorte de navires, ainsi que des systèmes de lutte contre les mines et des drones sous-marins.

Les programmes français et le marché remporté par AAC sont distincts, avec des clients et des calendriers propres. Ils illustrent néanmoins la même transformation technique : les capacités de détection, de surveillance et d’intervention sont progressivement réparties entre bâtiments habités, drones de surface et engins sous-marins. Pour Thales, l’enjeu industriel est désormais de livrer les deux premiers modules commandés par l’US Navy et de répondre aux éventuelles demandes supplémentaires.

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