Soudan : deux postes électriques détruits par des drones, une nouvelle pression sur l’armée

Des frappes de drones ont mis hors service, le 1er novembre, des installations électriques à Al-Dabbah et Abou Hamad, dans des régions contrôlées par l’armée soudanaise. Attribuées aux Forces de soutien rapide par les autorités et des observateurs locaux, ces attaques illustrent l’extension de la guerre aux infrastructures vitales.

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Soudan : deux postes électriques détruits par des drones, une nouvelle pression sur l’armée © Armees.com

Des drones ont frappé dimanche 1er novembre 2026 deux installations du réseau électrique dans le nord du Soudan, à Al-Dabbah et Abou Hamad. Les deux villes ont subi des coupures de courant. Les autorités soudanaises et l’organisation de juristes Emergency Lawyers attribuent ces attaques aux Forces de soutien rapide (FSR), les paramilitaires engagés depuis 2023 dans une guerre contre l’armée régulière. Cette attribution est rapportée par Sudan Tribune et par Associated Press ; les FSR n’ont pas répondu aux demandes de réaction de cette dernière.

Deux frappes dans le nord, des installations hors service

À Al-Dabbah, dans l’État du Nord, une explosion a touché un poste de transformation électrique au petit matin. Selon les témoignages recueillis par Associated Press, l’installation a brûlé et un gardien a été tué. La coupure a affecté les commerces, les boulangeries et les services de santé. À Abou Hamad, dans l’État du Nil, un autre poste de transformation a été détruit le même jour, selon les autorités locales citées par Sudan Tribune.

Ces frappes s’inscrivent dans une succession d’attaques visant des équipements de production et de distribution d’électricité en territoire tenu par l’armée. Emergency Lawyers évoque une quinzaine de postes électriques ciblés depuis le début d’octobre, selon Associated Press. Le bilan exact des installations endommagées et les responsabilités de chaque attaque restent à établir de manière indépendante.

Une campagne de drones qui désorganise l’arrière du front

La campagne ne concerne plus seulement les positions militaires. Mercredi 28 octobre, la centrale thermique d’Oum Dabakir, dans l’État du Nil Blanc, a été frappée ; plusieurs transformateurs et unités de production ont été endommagés. Vendredi, le poste principal de Shendi a également été touché, ainsi qu’un dépôt et un hangar de défense aérienne, d’après les autorités locales rapportées par Associated Press.

Le ciblage répété du réseau électrique exerce une pression sur les territoires contrôlés par les forces armées soudanaises : il complique le fonctionnement des hôpitaux, l’approvisionnement en eau, la conservation des médicaments et l’irrigation agricole. Les pénuries de gazole limitent en outre le recours aux groupes électrogènes. L’effet opérationnel d’une telle campagne tient à la désorganisation des services et de la logistique, bien au-delà des dégâts matériels causés à chaque poste.

Selon un salarié de la compagnie publique d’électricité cité sous anonymat par Associated Press, le barrage de Méroé fournit désormais une part prépondérante de l’électricité encore produite dans le pays. Il s’agit d’une estimation attribuée à cette source, dans un réseau dont l’état varie avec les dommages et les réparations.

Protection des infrastructures : une préoccupation de l’ONU et de la France

Dans une déclaration du 31 octobre, le secrétaire général des Nations unies a condamné l’intensification des frappes de drones commises par les parties au conflit et les attaques dirigées contre les civils et les infrastructures essentielles. Les règles du droit international humanitaire imposent de distinguer objectifs militaires et biens civils, et de respecter les principes de proportionnalité et de précaution.

La crise engage aussi la diplomatie française. Paris a réaffirmé son soutien aux opérations humanitaires au Soudan, notamment dans une déclaration internationale du 23 octobre sur le risque de famine. La destruction d’installations électriques rend l’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation plus difficile dans un pays où la guerre a déjà provoqué des déplacements massifs. Pour les acteurs militaires comme humanitaires, la protection des infrastructures devient un enjeu central de la poursuite du conflit.

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