La Russie a lancé 433 drones contre l’Ukraine entre le samedi 31 octobre au soir et le dimanche 1er novembre 2026 au matin, selon le bilan provisoire de l’armée de l’air ukrainienne. Kyiv affirme en avoir abattu ou neutralisé 371, tandis que des impacts ont été relevés sur seize sites. La journée de dimanche a ensuite été marquée par une autre séquence d’attaques aériennes, confirmant la persistance d’une pression élevée sur les systèmes de défense ukrainiens.
Le bilan matinal, communiqué par l’armée de l’air ukrainienne et relayé par Ukrinform, porte sur des drones d’attaque Shahed, des appareils Gerbera et des leurres de type Parodiya. Parmi les 433 engins annoncés, 64 étaient à propulsion par réaction. Les autorités ukrainiennes faisaient également état de retombées de débris sur quatorze sites.
Une attaque mêlant drones classiques, appareils rapides et leurres
Les lancements ont été signalés depuis plusieurs secteurs russes, notamment Orel, Koursk, Briansk, Millerovo et Chatalovo, ainsi que depuis la partie occupée de la région de Donetsk. La défense ukrainienne a mobilisé avions, unités de missiles antiaériens, guerre électronique, systèmes sans pilote et groupes mobiles de tir.
La composition de cette attaque illustre le problème tactique auquel les défenseurs sont confrontés : identifier et traiter des engins de performances différentes, dont certains servent à détourner l’attention des capteurs et des moyens d’interception. La présence de drones à réaction ajoute une contrainte de vitesse et de délai de réaction. Les chiffres ukrainiens décrivent des appareils abattus ou brouillés ; ils ne permettent pas de connaître, à eux seuls, la contribution exacte de chaque moyen de défense.
Une seconde séquence aérienne signalée pendant la journée
Dimanche soir, l’armée de l’air ukrainienne a diffusé un autre point de situation : entre 6 h 30 et 19 heures, elle a recensé 326 drones d’attaque, dont 55 à réaction, ainsi que six munitions rôdeuses S8000 Banderol/Dan-T. Elle a annoncé la neutralisation de 274 drones et des six munitions, tandis que plus de vingt appareils demeuraient dans l’espace aérien au moment du bilan. Ces chiffres ont été publiés par Ukrinform le 1er novembre à 20 h 18, heure ukrainienne.
Les plages horaires des deux communiqués se chevauchent partiellement. Elles décrivent donc deux bilans opérationnels successifs, et leurs volumes ne doivent pas être additionnés comme s’ils formaient un total consolidé de la journée.
Les installations électriques de nouveau visées
Les frappes nocturnes ont touché des infrastructures énergétiques dans quatre régions ukrainiennes, selon le président Volodymyr Zelensky. Des centaines de milliers de foyers se sont retrouvés privés d’électricité. Reuters rapporte que Kyiv dénonce notamment un manque d’intercepteurs de missiles balistiques, alors que les attaques visent les installations nécessaires au fonctionnement du réseau électrique à l’approche de l’hiver.
Dans le même temps, l’Ukraine affirme avoir frappé l’usine Kamensky, dans la région russe de Rostov, présentée par Kyiv comme un site de production de missiles. Des autorités russes ont également signalé des dommages dans la région de Nijni Novgorod à la suite d’attaques de drones. Les dégâts exacts et les objectifs atteints de part et d’autre restent difficiles à établir indépendamment des déclarations des belligérants.
Un enjeu pour les capacités antiaériennes européennes
Pour les alliés européens de l’Ukraine, dont la France, cette séquence souligne la nécessité de disposer de défenses complémentaires : moyens de détection, brouillage, groupes mobiles et intercepteurs adaptés aux différentes menaces. La multiplication des drones rapides impose aussi d’ajuster les délais de détection et de décision. Les besoins ukrainiens en défense aérienne figurent parmi les sujets de coopération militaire avec ses partenaires.
La guerre aérienne se joue désormais dans la durée autant que dans la performance d’un système isolé. La succession de bilans du 1er novembre montre une défense capable de neutraliser un grand nombre d’appareils, mais sollicitée de manière répétée, tandis que des impacts continuent de toucher des infrastructures essentielles.








