Des images diffusées le 29 octobre 2026 montrent le DSLR Sentinelle MK1 roulant sur la piste de l’aéropôle Antoine de Saint-Exupéry, à Jonzac, en Charente-Maritime. Asman Technology, l’entreprise française qui développe cet appareil, a mis en ligne cette vidéo d’essais au sol. Le premier vol de ce drone MALE (moyenne altitude longue endurance), conçu exclusivement pour la guerre électronique et les missions de renseignement, de surveillance et de reconnaissance, semble désormais proche, annonce Opex360.
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Avec une envergure de 15 mètres pour une masse au décollage de 1 000 kg, l’appareil est qualifié de poids plume par son constructeur au regard des autres engins de cette catégorie. Il peut emporter 200 kg de charge utile, voler jusqu’à 23 000 pieds à une vitesse de croisière de 200 km/h, et tenir 21 heures en l’air.
Il est aussi capable de décoller et d’atterrir seul, même sur des pistes courtes. Autre particularité mise en avant : il est assemblé sans le moindre composant américain, ce qui lui vaut l’étiquette d’appareil « ITAR Free ».
Le Sentinelle embarque des modules de renseignement électromagnétique et de guerre électronique de la gamme Avantix, fournie par Eviden, filiale du groupe Atos. Son architecture ouverte permet de le décliner en plusieurs versions selon les besoins : ISR, guerre électronique, ou surveillance maritime, avec des liaisons de communication en vue directe ou par satellite.
Un appareil écarté des subventions de la DGA
Asman Technology n’a pas été retenu par la Direction générale de l’armement lors des subventions accordées au salon du Bourget 2025. L’entreprise défend néanmoins une approche différente de celle des programmes concurrents, centrés selon elle sur la plateforme avant tout. Le Sentinelle, affirme Asman Technology, est issu d’une expérience opérationnelle de l’intégration ISR et a été pensé pour répondre à l’ensemble de la chaîne du renseignement, de la détection à l’exploitation.
Quinze ans d’hésitations autour des drones MALE français
Le débat sur les drones MALE français traîne depuis longtemps. Il y a quinze ans, faute de solution nationale ou européenne disponible, deux camps s’affrontaient : les partisans d’une francisation du Heron TP israélien, avec Dassault Aviation dans la boucle, et ceux qui préféraient un achat sur étagère du MQ-9 Reaper américain.
À la même époque, Paris et Londres avaient lancé le programme Telemos, resté sans suite. L’EuroDrone, porté par Airbus, a pris le relais, mais l’appareil n’a toujours pas effectué son vol inaugural. Le ministère des Armées ne compte désormais plus sur lui.
C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée de drones MALE « de théâtre », à moins coût. Lors du salon du Bourget 2025, la DGA a accordé des subventions à cinq industriels français : Turgis Gaillard pour l’Aarok, Daher pour l’EyePulse, SE Aviation pour le Driade OPV, Aura Aero pour l’Enbata et Fly’R pour le R2-600. Les trois premiers ont déjà volé. Les deux autres ne devraient plus tarder.
Asman Technology, de son côté, continue d’avancer en dehors de ce dispositif de soutien étatique. La vidéo des essais de roulage à Jonzac, dévoilée fin octobre, en est la dernière illustration.








