« On ne s’attendait pas à trouver ça si vite » : une équipe de 30 chercheurs publie les preuves les plus solides jamais obtenues de vie extraterrestre

Une planète à 124 années-lumière grouillerait-elle de vie ? Un signal jamais vu intrigue les scientifiques, mais la marge d’erreur reste réelle. Voici ce qu’ils ont vraiment trouvé.

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« On ne s'attendait pas à trouver ça si vite » : une équipe de 30 chercheurs publie les preuves les plus solides jamais obtenues de vie extraterrestre
« On ne s’attendait pas à trouver ça si vite » : une équipe de 30 chercheurs publie les preuves les plus solides jamais obtenues de vie extraterrestre © Armees.com

Une équipe de l’université de Cambridge affirme avoir repéré, dans l’atmosphère de l’exoplanète K2-18b, des molécules qui, sur Terre, ne sont produites que par des organismes vivants. L’observation a été réalisée grâce au télescope spatial James Webb de la NASA, capable d’analyser la composition chimique d’une atmosphère à partir de la lumière de l’étoile qui la traverse.

Les deux composés détectés, le sulfure de diméthyle (DMS) et le disulfure de diméthyle (DMDS), sont sur Terre associés au phytoplancton marin et à certaines bactéries. Selon le professeur Nikku Madhusudhan, astrophysicien à l’Institut d’astronomie de l’université de Cambridge qui a dirigé la recherche, la quantité estimée de ce gaz dans l’atmosphère de K2-18b est des milliers de fois supérieure à ce qui existe sur Terre.

« Si le lien avec la vie se confirmait, la planète grouillerait littéralement d’organismes », a-t-il déclaré.

Une deuxième détection, plus solide que la première

Il s’agit de la deuxième fois que ce type de composés est repéré dans l’atmosphère de K2-18b par le James Webb, et la plus convaincante des deux. Madhusudhan parle du signal le plus fort jamais recueilli d’une possible activité biologique hors du système solaire, dans des propos tenus lors d’une diffusion en direct le jeudi 17 avril 2025. L’étude a été publiée dans la revue The Astrophysical Journal Letters et rapportée dans la BBC.

K2-18b fait plus de deux fois la taille de la Terre et plus de 8 fois sa masse. Elle orbite autour d’une petite étoile rouge, dans la zone dite habitable, à quelque 1 126 541 milliards de kilomètres, soit 124 années-lumière, une distance qu’aucun être humain ne pourrait parcourir en une vie.

Trois sigma, loin du seuil requis

Les chercheurs eux-mêmes tempèrent leurs résultats. Pour revendiquer une découverte scientifique, il faut être sûr à environ 99,99999 % que le résultat n’est pas dû au hasard, ce que les statisticiens appellent un résultat cinq sigma. La dernière détection n’atteint que trois sigma, soit 99,7 %, un niveau jugé insuffisant par la communauté scientifique.

C’est néanmoins un net progrès par rapport au résultat d’un sigma (68 %) obtenu par la même équipe dix-huit mois plus tôt, qui avait suscité beaucoup de scepticisme.

Madhusudhan reconnaît qu’il reste 0,3 % de chances que ce soit une anomalie statistique. Il affirme vouloir multiplier les observations jusqu’à ramener cette marge d’erreur à moins d’une chance sur un million, un objectif qu’il juge atteignable d’ici un à deux ans.

« C’est un moment très important pour la science, mais aussi très important pour nous en tant qu’espèce. », a-t-il confié à BBC Radio 5Live. « S’il existe un exemple, et étant donné que l’univers est infini, il est possible que la vie soit présente sur bien d’autres planètes. »

David Clements, astrophysicien à l’Imperial College London, a livré un commentaire indépendant diffusé par le Science Media Centre de Londres. Il juge les résultats intéressants mais estime qu’ils ne constituent pas encore une détection claire du DMS et du DMDS, plutôt un pas dans la bonne direction. Les atmosphères de planètes lointaines restent, selon lui, complexes et difficiles à interpréter avec des données aussi limitées.

La professeure Catherine Heymans, de l’université d’Édimbourg et astronome royale d’Écosse, va plus loin : même avec un résultat à cinq sigma, l’origine du gaz resterait une question ouverte. Sur Terre, il est produit par des micro-organismes marins, mais rien ne garantit qu’il en aille de même ailleurs, l’univers recélant des phénomènes géologiques encore mal connus qui pourraient produire les mêmes molécules sans aucune vie.

Le débat scientifique ne porte d’ailleurs pas seulement sur la présence de ces gaz, mais aussi sur la nature même de la planète. De nombreux chercheurs déduisent l’existence d’un vaste océan liquide sur K2-18b de l’absence d’ammoniac dans son atmosphère, ce gaz étant supposément absorbé par une grande masse d’eau souterraine.

Le professeur Oliver Shorttle, de l’université de Cambridge, avance une autre lecture : il pourrait s’agir d’un océan de roche en fusion, ce qui exclurait toute forme de vie. Le docteur Nicolas Wogan, du NASA Ames Research Center, a de son côté publié des travaux suggérant que K2-18b serait une mini géante gazeuse dépourvue de surface solide.

« Tout ce que nous savons sur les planètes en orbite autour d’autres étoiles provient des infimes quantités de lumière qui se réfléchissent sur leur atmosphère. », rappelle Shorttle, pour qui le signal à interpréter reste incroyablement ténu.

D’autres chercheurs contestent à leur tour ces deux hypothèses rivales, qu’ils jugent incompatibles avec les données du télescope James Webb.

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