Crash d’un avion militaire près de Nancy : un corps retrouvé dans les débris, le deuxième occupant reste introuvable malgré les recherches

Un Mirage 2000D s’écrase en pleine nuit près de Nancy : le corps du pilote retrouvé, mais son navigateur reste introuvable. Brouillard, forêt, recherches à pied. Que s’est-il vraiment passé ?

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Crash d'un avion militaire près de Nancy : un corps retrouvé dans les débris, le deuxième occupant reste introuvable malgré les recherches
Crash d’un avion militaire près de Nancy : un corps retrouvé dans les débris, le deuxième occupant reste introuvable malgré les recherches © Armees.com

Un avion de chasse militaire Mirage 2000D s’est écrasé mardi soir, 20 octobre 2026, sur la commune de Rogéville, en Meurthe-et-Moselle, au nord de Nancy. L’Armée de l’Air et de l’Espace a confirmé avoir perdu le contact avec l’équipage ce soir-là.

Le lendemain, mercredi 21 octobre, le corps d’un des deux occupants a été retrouvé, une information obtenue par FranceTV auprès de l’armée de l’Air et de l’Espace. Les recherches se poursuivent pour localiser le second membre d’équipage.

Une mission d’instruction qui tourne au drame

L’appareil, un Mirage 2000D biplace non armé appartenant à l’escadron de chasse 2/3 Champagne de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, rentrait d’une mission d’instruction vers 22 heures et s’approchait de la base. Le colonel David Pappalardo, porte-parole de l’armée de l’Air et de l’Espace, a détaillé la séquence : l’appareil était en contact radio radar avec l’approche de la base aérienne de Nancy, lorsque celle-ci a soudainement constaté qu’il ne répondait plus à la radio et a perdu le contact radar. L’appareil s’est écrasé à Rogéville, dans une zone boisée, selon les précisions du parquet de Metz.

Plusieurs témoins ont rapporté avoir entendu une forte explosion et aperçu une boule de feu aux alentours de 22 h 30, selon le maire de Rogéville, Pascal Doyotte. Une habitante, Sandra, a raconté que les murs de sa maison avaient tremblé très fort, pensant d’abord à un avion franchissant le mur du son. Les premiers débris ont été découverts au petit matin, vers 4 heures.

Un pilote de 27 ans, un navigateur de 44 ans toujours recherché

Deux militaires se trouvaient à bord : un pilote, à l’avant, et un officier systèmes d’armes, à l’arrière. Le premier, âgé de 27 ans, était selon le colonel Pappalardo un jeune pilote en instruction, totalisant 450 heures de vol et en phase de qualification pilote de combat opérationnel.

Le colonel Ludovic Humbert, commandant de la base aérienne 133 Nancy-Ochey, a précisé qu’il disposait de « tous les prérequis et les qualifications nécessaires pour piloter » ce type d’appareil.

Le second occupant, âgé de 44 ans, est décrit comme « particulièrement expérimenté avec de nombreuses heures de vol ». Humbert parle d’un navigateur très aguerri. C’est le corps du pilote qui a été retrouvé ; celui-ci n’était pas encore formellement identifié au moment des premières déclarations, des analyses ADN pouvant prendre plusieurs semaines.

Le procureur de la République de Metz, David Touvet, chargé de l’enquête, a averti que « compte tenu de la violence du choc, aucun élément de l’enquête ne permet de considérer comme probable qu’on retrouve un des deux membres d’équipage vivant ».

Aucune trace de tentative d’éjection

Le parquet de Metz a ouvert une enquête pour destruction ou mise hors service d’un aéronef militaire par négligence, confiée à la gendarmerie de l’air et de l’espace. Selon ses premiers éléments, rien ne permet d’établir que le pilote ou le navigateur a procédé ou tenté de procéder à une manœuvre d’éjection.

Les moteurs des deux sièges éjectables ont été découverts au sol. Le colonel Pappalardo a résumé ce constat sur franceinfo, indiquant qu’il apparaît qu’au moins l’un des membres d’équipage n’a pas pu s’éjecter.

Une enquête de sécurité est également menée en parallèle pour déterminer les circonstances de l’accident. Interrogé sur la fiabilité de l’appareil, entré en service il y a 33 ans et engagé dans la plupart des conflits auxquels la France a participé depuis, du Kosovo au Sahel, Pappalardo a tenu à écarter d’emblée toute explication liée à son âge : « Cet accident n’est pas lié à l’âge ou l’ancienneté » de l’avion.

Le colonel Humbert a confirmé que l’appareil avait été rénové assez récemment et « n’avait pas de problème de fiabilité ».

Des recherches freinées par le brouillard

Le préfet de Meurthe-et-Moselle, Yves Séguy, a décrit des conditions météorologiques très difficiles pour les secours : nuit noire, brouillard dense, rendant impossible le survol par hélicoptère. « Toutes les recherches ont été menées avec des acteurs, donc à pied, au milieu des bois et accompagnées par le drone », a-t-il expliqué.

Les opérations ont mobilisé le SDIS 54, des effectifs de gendarmerie et des secours de l’armée de l’Air venus de la base de Nancy-Ochey, en lien avec les autorités civiles. Les recherches se concentrent entre les communes de Rogéville, Tremblecourt et Domèvre-en-Haye, à une quinzaine de kilomètres de Pont-à-Mousson.

Pour l’adjointe au maire de Rogéville, Geneviève Muller, qui a entendu un gros boum vers 22 h 30, ce drame n’est pas isolé : il s’agirait, selon elle, du quatrième accident de ce type depuis qu’elle habite la commune.

Macron adresse les condoléances de la nation

Depuis Doha, où il effectuait un déplacement, le président Emmanuel Macron a confirmé la mort du pilote et la poursuite des recherches pour le navigateur : « Je veux ici adresser à sa famille, ses proches et l’ensemble de ses frères d’armes les condoléances de la nation. »

L’armée de l’Air et de l’Espace a par ailleurs mis en place un dispositif d’accompagnement pour les familles des deux militaires, qualifiant l’accident d’exceptionnel dans une situation complexe mais maîtrisée.

La base de Nancy-Ochey avait déjà connu plusieurs drames : un Mirage 2000D s’y était écrasé dans le Jura en janvier 2019, et deux Rafale de Saint-Dizier étaient entrés en collision au-dessus du secteur de Colombey-les-Belles en août 2024. Le colonel Humbert a reconnu que la base avait déjà été, ces dernières années, impliquée dans ce type d’accident.

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