Changement d’heure le 25 octobre, pourquoi l’Europe n’a pas encore tenu la promesse votée en 2019

Une heure de sommeil en plus, mais une promesse européenne vieille de sept ans toujours pas tenue. Pourquoi ce changement d’heure résiste-t-il à tout, et jusqu’à quand va-t-il durer ?

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Changement d'heure le 25 octobre, pourquoi l'Europe n'a pas encore tenu la promesse votée en 2019
Changement d’heure le 25 octobre, pourquoi l’Europe n’a pas encore tenu la promesse votée en 2019 © Armees.com

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, à 3 heures du matin, il sera officiellement 2 heures, confirme Midi Libre. Comme chaque année, la France et l’ensemble de l’Union européenne basculent à l’heure d’hiver, un passage qui offre une heure de sommeil supplémentaire. Le mouvement inverse, le retour à l’heure d’été, est fixé au dimanche 28 mars 2027.

Ce rituel automnal n’a pourtant plus grand-chose d’une évidence. L’Union européenne avait promis d’y mettre fin dès 2021. Sept ans plus tard, la promesse n’a toujours pas été tenue.

Un vote européen resté lettre morte

Tout avait pourtant commencé par une large adhésion populaire. En 2018, une consultation en ligne lancée par la Commission européenne avait recueilli 4,6 millions de réponses, un record pour ce type d’exercice, avec une large majorité venue d’Allemagne. 84 % des participants réclamaient l’arrêt du changement d’heure bisannuel. Jean-Claude Juncker, alors président de la Commission européenne, avait aussitôt proposé de supprimer le dispositif.

Le 26 mars 2019, le Parlement européen avait voté la fin du changement d’heure saisonnier par 410 voix contre 192, avec une échéance fixée à 2021. Chaque pays devait alors choisir de rester définitivement à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver.

Le texte est resté bloqué depuis au Conseil de l’Union européenne, faute d’accord entre les Etats membres sur l’heure à conserver. Certains pays veulent l’été permanent, d’autres l’hiver. La crainte partagée est celle d’un patchwork de fuseaux horaires en Europe : si la France choisissait l’heure d’été et l’Allemagne ou la Belgique l’heure d’hiver, il faudrait changer de montre en passant la frontière, un casse-tête pour les trains, les avions, le commerce et les entreprises travaillant entre plusieurs pays.

L’Union européenne s’étend déjà sur trois fuseaux horaires. La pandémie de Covid-19, puis la guerre en Ukraine et la crise énergétique, ont relégué le dossier au second plan. Aucun gouvernement n’a voulu le porter jusqu’au bout, et la date de 2021 est passée sans décision.

L’Espagne tente de relancer le dossier

En octobre 2025, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a rouvert le dossier en proposant d’en finir dès 2026. Il a déclaré que changer l’heure deux fois par an n’avait plus de sens. La Finlande et la Pologne ont soutenu l’initiative, et la Commission européenne a réinscrit le sujet à son programme de travail.

En mars 2026, Bruxelles a jugé la fin du changement d’heure toujours possible et annoncé la présentation d’une étude. Même avec un accord rapide, la mise en œuvre ne pourrait pas intervenir avant 2027 ou 2028 au mieux, le temps que les pays et les opérateurs s’organisent.

Le dispositif remonte à 1976, adopté après le premier choc pétrolier pour profiter de la lumière du soir. Une étude de l’Ademe de 2009 évaluait l’économie à environ 440 gigawattheures d’éclairage par an, l’équivalent de la consommation de 800 000 foyers. Avec la généralisation des ampoules LED, ces économies ont encore diminué.

Les chronobiologistes rappellent que ce recul d’une heure agit sur le corps comme un léger décalage horaire, perturbant la sécrétion de mélatonine et de cortisol pendant trois à sept jours, avec des effets plus marqués chez les enfants en bas âge et les seniors.

La Sécurité routière documente chaque année une hausse des accidents impliquant piétons, cyclistes et utilisateurs de trottinettes entre 17 heures et 19 heures, lorsque la nuit tombe plus tôt sur le trajet du retour.

Si la fin du changement d’heure finit par aboutir, la bataille portera sur l’heure à garder. Les Français penchent pour l’été et ses soirées lumineuses, les spécialistes du sommeil plutôt pour l’hiver, plus proche de l’heure solaire. Avec un été permanent, le soleil se lèverait vers 9 h 45 à Paris début janvier, et après 10 heures à Brest.

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