Un sous-marin allemand infiltre un commando des Royal Marines pour orienter le tir d’un navire portugais lors de l’exercice Strike Warrior en Écosse

Sous-marin allemand, commandos britanniques, tirs navals portugais : trois pays, trois domaines, une seule chaîne d’attaque jamais vue depuis 30 ans. La Royal Navy dévoile une coordination hors norme sur les falaises du Cap Wrath.

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Un sous-marin allemand infiltre un commando des Royal Marines pour orienter le tir d'un navire portugais lors de l'exercice Strike Warrior en Écosse
Un sous-marin allemand infiltre un commando des Royal Marines pour orienter le tir d’un navire portugais lors de l’exercice Strike Warrior en Écosse © Armees.com

Ils sont sortis d’un sous-marin d’attaque allemand au large de l’Atlantique Nord, invisibles, avant de rallier à bord de petites embarcations pneumatiques les falaises du Cap Wrath, à l’extrémité nord-ouest de la Grande-Bretagne continentale. Le sous-marin avait servi à approcher la côte sans être repéré, informe Infobae. Cette opération d’infiltration, menée par des commandos britanniques des Royal Marines, les fameux Bérets Verts, s’inscrit dans l’exercice Strike Warrior 26.

L’unité engagée, la 148e Batterie d’observation avancée de commandos (Meiktila), est composée de spécialistes issus à la fois de la Marine et de l’Armée britanniques. Sa mission : la reconnaissance et la direction de tirs navals depuis des positions situées derrière les lignes ennemies.

Une fois les falaises atteintes, les commandos ont installé un poste d’observation et transmis des indications de tir au navire de guerre portugais NRP Dom Francisco de Almeida, qui a ouvert le feu sur des positions désignées comme ennemies dans le scénario.

Le sous-marin allemand, lui, s’était chargé d’identifier les objectifs en amont. L’opération s’est conclue par un engagement et une extraction réussis, selon la Royal Navy.

Une coordination inédite depuis près de 30 ans

La séquence a mêlé dans un même mouvement les capacités de renseignement du sous-marin, l’infiltration des commandos et l’emploi de feux navals contre des cibles terrestres, trois pays et trois domaines réunis dans une seule chaîne d’attaque. L’officier des opérations de la 148e Batterie, dont l’identité n’a pas été révélée pour des raisons opérationnelles, a affirmé dans un communiqué officiel que ce niveau de complexité et de coordination des ressources opérationnelles n’avait pas été atteint au sein de la 148e Batterie depuis près de 30 ans.

Le même officier a précisé l’intention derrière la manœuvre : démontrer aux partenaires de la Force des Commandos du Royaume-Uni, à la Défense britannique et à la communauté des Forces d’Opérations Spéciales de l’OTAN le type de missions que son unité est préparée à exécuter contre les menaces futures.

Avant cette opération, la 148e Batterie avait déjà coordonné des tirs navals depuis des postes d’observation avancés, mais avec des navires du Standing NATO Maritime Group One, le groupe maritime permanent de l’OTAN dans le nord de l’Europe.

Le plus grand exercice de la force depuis 15 ans

Strike Warrior 26 a débuté le 28 septembre 2026 et doit s’achever le 9 octobre. L’exercice est présenté par la Royal Navy comme le plus grand test conjoint des différentes branches de la Force de Commandos du Royaume-Uni depuis quinze ans, et la première fois depuis la guerre d’Afghanistan que tous les éléments spécialisés de cette formation d’élite se retrouvent réunis dans un même exercice.

Plus de 2 000 militaires y participent, venus du Royaume-Uni, des Pays-Bas, du Canada, de l’Allemagne, de la Norvège et des États-Unis. Les manœuvres se déploient sur plusieurs zones d’Écosse : les îles Hébrides, les accès nord-occidentaux, Galloway, la région des Borders et la mer du Nord.

Huit navires de guerre et 19 aéronefs sont mobilisés. L’objectif reste d’entraîner les forces alliées à répondre à des situations de crise dans le Grand Nord et l’Atlantique Nord, une zone où les grandes distances, les conditions météorologiques difficiles et la diversité des menaces, maritimes, aériennes et terrestres, pèsent particulièrement sur les forces britanniques.

Le programme couvre aussi des débarquements amphibies, des opérations d’abordage, des missions de renseignement et de surveillance, de la logistique, de la sécurité maritime et de la guerre anti-sous-marine. Les Royal Marines y ont mené des missions de drones, pour des frappes comme pour ravitailler des troupes en situation de combat, et testé la construction d’installations médicales souterraines dans un scénario de haute intensité.

La Royal Navy inscrit cette opération au Cap Wrath dans l’évolution de l’UK Commando Force vers des missions multidomaines, où les commandos servent d’élément avancé pour obtenir du renseignement, désigner des objectifs et coordonner des effets venus de plateformes à distance.

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