Un drone russe a percuté la locomotive du train reliant Kiev à Varsovie le dimanche 13 septembre 2026 au matin, juste avant que le convoi ne franchisse la frontière polonaise, près du poste-frontière de Dorohusk-Iahodyn, rapporte Le Monde. Les 206 passagers à bord sont indemnes. Un second drone a visé une station-service toute proche, provoquant l’incendie de deux camions.
L’épisode s’ajoute à une escalade qui s’accroît de mois en mois entre Moscou et Kiev, loin des lignes de front, et il a suscité une vive émotion des deux côtés de la frontière.
Un train diplomatique parti quelques minutes plus tôt
La compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia a confirmé qu’un autre convoi avait quitté la même gare quelques minutes seulement avant la frappe, en avance sur l’horaire prévu. Il transportait des invités de la conférence Yalta European Strategy, organisée à Kiev du vendredi 11 au samedi 12 septembre : les anciens premiers ministres Boris Johnson et Carl Bildt, ainsi que des ministres, parlementaires et diplomates dépêchés par des pays membres de l’Union européenne et de l’OTAN.
L’ex-directeur de la CIA David Petraeus se trouvait quant à lui dans un train à part, encore stationné en gare au moment de l’attaque.
Ukrzaliznytsia juge « hautement probable » que ce second train ait pu être la véritable cible de l’armée russe. Kiev dénonce de son côté une attaque systémique contre son réseau ferroviaire, considéré comme l’une des infrastructures fonctionnant encore correctement malgré la guerre.
L’opérateur a déclenché une alerte de haut niveau, prévenu des retards importants et demandé à ses usagers de se préparer à d’éventuelles évacuations, une procédure déjà rodée tant Moscou cible régulièrement les transports ferroviaires ukrainiens.
Kiev et Varsovie dénoncent une escalade
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué une locomotive que la Russie aurait délibérément incendiée et une station-service endommagée dans la région de Volhynie, précisant que des installations énergétiques, des entreprises et des bâtiments résidentiels ordinaires avaient également été attaqués. Le ministère russe de la Défense a de son côté revendiqué des frappes contre des infrastructures ferroviaires de l’ouest ukrainien, qu’il accuse de servir au transport de cargaisons militaires en provenance d’Europe.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a réagi en s’adressant directement aux partenaires occidentaux : « Les barbares russes sont à vos portes, chers partenaires. » En visite à Kiev, le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski a estimé que « le terrorisme russe a déjà franchi la porte de l’Europe ».
Le premier ministre polonais Donald Tusk, qui a présidé une réunion d’urgence après ces frappes, a mis en garde contre l’usage par la Russie de drones de combat dont il a jugé que la portée et la précision étaient alarmantes, et a prévenu que la Pologne ne pouvait exclure qu’une escalade russe touche également son territoire.
Les autorités polonaises ont recensé 13 frappes dans les heures précédant et suivant l’attaque du train, dont une à seulement 800 mètres de la frontière. La compagnie ferroviaire polonaise PKP Intercity a fait état d’un retard de plus de six heures pour le convoi, qui devait poursuivre sa route vers Varsovie après les formalités douanières.
Interrogé lors de sa visite en Irlande, le président américain Donald Trump a préféré s’en prendre à la stratégie militaire ukrainienne plutôt qu’à l’attaque elle-même. Évoquant la hausse des importations russes de diesel, il a expliqué avoir demandé à Volodymyr Zelensky « de ne pas frapper les usines de diesel, ni les raffineries » russes que l’Ukraine vise en représailles aux bombardements de Moscou.
Les négociations de paix restent au point mort. Zelensky table sur une reprise de pourparlers tripartites dès septembre, une fois passées les élections parlementaires ukrainiennes, tandis que le Kremlin n’exclut pas de son côté une reprise en octobre.








