La Chambre fédérale d’appel de Córdoba a confirmé le jugement de première instance rendu contre l’État national et le ministère de la Défense argentins. Le tribunal a rejeté la demande d’un groupe d’ex-militaires convoqués pendant la guerre des Malouines, qui réclamaient d’être reconnus comme vétérans de guerre.
Selon la Chambre, les intéressés n’ont démontré ni avoir participé à des actions de guerre, ni avoir été exposés à des situations de risque de combat. L’information a été publiée le 10 septembre 2026 et relayée par le média argentin TN.
Les demandeurs appartenaient à des unités de l’Armée argentine : le Regimiento de Infantería Aerotransportado 2 « General Balcarce », la Compañía de Ingenieros Paracaidista 4 et la Compañía de Comunicaciones Aerotransportada 4. Leur argument reposait sur leur appartenance à la Réserve stratégique militaire : ils affirment être restés en état d’alerte pendant tout le conflit, prêts à partir combattre avec seulement quelques heures de préavis.
Une présence en territoire continental, loin des Malouines
La Chambre a reconnu un fait : ces hommes ont bien servi entre le 2 avril et le 14 juin 1982. Mais elle a jugé que cette seule donnée temporelle ne suffit pas à ouvrir droit au statut de vétéran.
Les documents versés au dossier montrent qu’ils étaient affectés au Teatro de Operaciones Sur, où ils assuraient des tâches d’appui logistique et de garde d’installations stratégiques, en territoire continental. Ce théâtre d’opérations se situait en dehors du Teatro de Operaciones Malvinas et du Teatro de Operaciones del Atlántico Sur. Les demandeurs eux-mêmes ont reconnu ne pas avoir été présents sur les îles, ni avoir essuyé de tirs ennemis.
Pour trancher, les juges se sont appuyés sur deux précédents de la Cour suprême de justice de la Nation, les arrêts Arfinetti et Gerez. Ces décisions posent comme condition indispensable la participation effective à des actions de guerre, ou à défaut la preuve d’une situation de risque de combat réel, pour prétendre aux bénéfices destinés aux anciens combattants.
Avoir été convoqué et mobilisé pendant la guerre ne suffit donc pas, selon ce cadre jurisprudentiel qui distingue systématiquement mobilisation et participation effective au théâtre des opérations. Le rejet de la demande a été confirmé de manière définitive.
Plus de ans après la fin du conflit, la question de savoir qui peut porter le titre de vétéran continue de peser sur le plan juridique autant que sur le plan symbolique, puisque cette reconnaissance ouvre des droits concrets et touche à la mémoire collective attachée à la phrase « Las Malvinas son argentinas ».
D’un côté, des anciens combattants ont obtenu cette reconnaissance pour leur présence directe sur les îles ou en zones exposées au feu ennemi. De l’autre, des secteurs entiers ont mené pendant des années des démarches pour faire valoir des fonctions d’appui, de logistique ou de déploiement préventif, en insistant sur le contexte de service sous tension qui était le leur.
Ces dernières années, le débat autour des Malouines a glissé du récit strictement militaire vers des questions plus larges, mêlant mémoire, retraite, santé et réparation symbolique. Les tribunaux, eux, sont restés sur une ligne constante : la reconnaissance légale reste réservée à ceux qui prouvent un lien direct avec les actions de guerre, ou un risque effectif équivalent.
Cette jurisprudence, consolidée par la Cour suprême, fonctionne comme un filtre face à des revendications de plus en plus nombreuses, même si la discussion reste ouverte devant le Congrès, qui pourrait élargir les critères sans dénaturer la catégorie historique de vétéran de guerre.


