La NASA a confirmé, dans un point d’étape publié le 4 août 2026, la réussite complète d’une manœuvre électrique délicate menée sur la sonde Voyager 2, baptisée en interne projet Big Bang. L’opération offre à l’engin au moins un an de répit supplémentaire pour poursuivre ses mesures scientifiques.
Selon le Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui supervise le programme Voyager depuis Pasadena, en Californie, l’énergie ainsi libérée permet à la sonde de conserver ses trois instruments scientifiques actifs pendant au moins un an. Sans cette intervention, un appareil supplémentaire aurait dû être éteint avant la fin de l’année 2026.
Un recâblage plutôt qu’une extinction de plus
Les générateurs thermoélectriques à radio-isotopes qui alimentent les deux sondes perdent environ 4 watts par an, à mesure que leur stock de plutonium se décompose. Jusqu’à présent, le JPL gérait cette érosion en désactivant progressivement les instruments ou processus jugés secondaires, une méthode qui menait la mission vers son extinction pas à pas.
Les ingénieurs ont cette fois opté pour une réorganisation totale de la consommation électrique à bord. Le plan a consisté à éteindre simultanément un ensemble d’équipements énergivores pour les remplacer par des sous-systèmes équivalents mais bien plus sobres, un recâblage logique de la sonde. La difficulté tenait aussi à la température : il fallait économiser du courant sans trop refroidir l’engin, au risque de geler ses conduites de carburant. L’opération s’est déroulée sans accroc.
Voyager 2, cobaye avant Voyager 1
Voyager 2 a servi de banc d’essai avant l’application de la même méthode à sa sonde jumelle, Voyager 1. Ce choix s’explique par une réserve énergétique légèrement meilleure et par une position plus proche de la Terre, qui permettait de ne pas mettre en péril Voyager 1 si l’opération avait mal tourné. La voie est désormais libre pour reproduire le même plan sur Voyager 1 dans les mois à venir.
La distance qui sépare les deux sondes de la Terre donne la mesure du défi technique. Voyager 1 se trouve, selon Science et Vie, à 25 milliards de kilomètres, la plus grande distance jamais atteinte par un objet construit par l’homme. À cette distance, une commande envoyée depuis le JPL met 23 heures à parvenir à la sonde.
C’est justement le manque d’énergie de Voyager 1 qui avait poussé le JPL à couper, le 17 avril 2026, l’instrument LECP (Low-Energy Charged Particles), qui mesurait ions, électrons et rayons cosmiques depuis le lancement de la sonde en 1977. Une chute de tension inattendue est survenue le 27 février 2026 lors d’une manœuvre de rotation.
Depuis, seuls deux des dix instruments d’origine de Voyager 1 restent actifs, contre trois pour Voyager 2, dont le LECP avait lui aussi été désactivé, en mars 2025.
Kareem Badaruddin, responsable de la mission Voyager au JPL, avait justifié cette décision en expliquant qu’arrêter un instrument scientifique n’était l’option préférée de personne, mais que c’était la meilleure disponible.








