Le groupe suédois Saab a annoncé la signature, le 27 juillet 2026, d’un contrat portant sur la livraison de deux avions d’alerte avancée GlobalEye, pour un montant de 10 milliards de couronnes suédoises, soit environ 915 millions d’euros. Le client est un pays du Moyen-Orient, dont l’identité n’a pas été révélée à la demande de l’acheteur lui-même, invoquant des raisons de sécurité nationale.
La livraison est prévue en 2030. Dans un communiqué, Saab a précisé : « Compte tenu de la nature du secteur, des circonstances concernant le client et des intérêts de sécurité nationale, aucune autre information concernant cette commande ou le client ne sera fournie. »
Le PDG du groupe, Micael Johansson, a estimé dans ce même communiqué que la commande confirme l’engagement de Saab à fournir une capacité AEW&C multidomaine éprouvée en opération, et que l’intérêt international croissant pour le GlobalEye illustre son efficacité et sa fiabilité dans les opérations modernes de défense aérienne.
La France, le Canada et l’Otan ont déjà commandé l’appareil
Cette vente s’ajoute à une liste déjà longue. Le GlobalEye enchaîne les commandes et les marques d’intérêt depuis le début de l’année 2026, aux dépens de deux concurrents directs, l’E-7A Wedgetail de Boeing et l’Aeris X de L3Harris.
En décembre 2025, la France avait commandé deux exemplaires pour un milliard d’euros, en vue de remplacer ses quatre E-3F SDCA. Deux autres appareils doivent suivre pour l’armée de l’Air et de l’Espace. Quelques mois plus tard, le Canada a ouvert des négociations exclusives pour l’achat de six unités, dans le cadre d’un programme doté d’une enveloppe de 3,4 milliards d’euros.
Le 7 juillet 2026, lors du sommet de l’Otan à Ankara, l’organisation a confirmé son intention de remplacer ses quatorze anciens E-3A Sentry par un maximum de dix GlobalEye. Les détails du contrat, prix et délais de livraison compris, restent encore à finaliser.
Reste la question du client mystère. Selon le site spécialisé Opex360, plusieurs pays figurent parmi les candidats probables. Les Émirats arabes unis, qui possèdent déjà cinq GlobalEye, chercheraient à renouveler leur contingent après des frappes iraniennes : des images satellites prises en mars 2026 suggèrent qu’un hangar abritant leurs avions d’alerte a été touché lors d’une attaque contre la base aérienne d’al-Dhafra.
L’Arabie saoudite est un autre candidat évoqué. Sa force aérienne aligne cinq E-3 AEW et deux Saab 2000 AEW&C, une version allongée du Saab 340 développée à la fin des années 1980, dont la modernisation ou le remplacement est envisagée à terme. L’Égypte, qui vole encore avec sept E-2C Hawkeye de conception ancienne, complète la liste des hypothèses.
Basé sur l’avion d’affaires Bombardier Global 6000, le GlobalEye embarque un radar à balayage électronique dont la portée de détection dépasse 550 kilomètres, ainsi qu’une suite de capteurs résilients au brouillage électronique. Il peut voler pendant onze heures et assure, selon Saab, une surveillance aérienne, maritime et terrestre en temps réel. La Suède elle-même en possède déjà trois exemplaires.








