La Grèce va renforcer sa défense aérienne : elle prévoit d’acquérir trois systèmes israéliens pour un total de 3 milliards d’euros. Le pays s’écarte de l’initiative européenne portée par ses partenaires pour retenir une solution jugée plus adaptée à ses besoins.
La Grèce prend son indépendance pour la défense aérienne
En 2022, la Grèce avait rejoint l’initiative « Bouclier du ciel européen » (ESSI), lancée par l’Allemagne sous l’égide de l’OTAN, pour mutualiser l’achat de systèmes de défense aérienne multicouche. Athènes a finalement choisi une autre voie et s’est retirée en partie de l’ESSI pour lancer son programme « Bouclier d’Achille ». Le ministre grec de la Défense, Nikos Dendias, veut pouvoir « surveiller, contrôler et intercepter toute menace aérienne », qu’il s’agisse de drones, de missiles balistiques ou d’aéronefs pilotés.
Les discussions avec Israël ont duré plus de dix-huit mois. Le 29 juin, le Conseil gouvernemental des Affaires étrangères et de la Défense (KYSEA) a évoqué l’approbation imminente de l’achat. La Grèce cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement militaire pour répondre à des menaces précises, venues surtout de la Turquie, explique le média Zone Militaire.
Les systèmes choisis
La commande porte sur trois systèmes éprouvés : la « Fronde de David », le Barak MX et le Spyder MR. La « Fronde de David », coproduite par Rafael et Raytheon, a une portée de 300 km. Le Barak MX intercepte des cibles jusqu’à 150 km, et le Spyder MR peut détruire un engin volant à 15 849,6 mètres d’altitude et à 50 km de distance.
En avril, la Grèce a confirmé l’achat de trente-six lance-roquettes multiples PULS pour 650 millions d’euros auprès d’Elbit Systems, dans un contexte de course à l’armement. Les négociations sur l’acquisition de missiles quasi-balistiques sol-sol LORA, d’une portée de 430 km, sont elles aussi bien avancées.
Ce que ça change pour l’industrie et les partenariats
Le contrat se signera de gré à gré entre la Direction générale grecque des investissements de défense et des armements (GDDIA) et SIBAT, l’agence israélienne de coopération en matière de défense. La Grèce a obtenu d’importants transferts industriels et technologiques, avec une participation industrielle grecque au centre de commandement et de contrôle fixée à 25 %. Hellenic Aerospace Industry, Intracom Defense et EAB participeront à l’exécution locale de la commande, et une petite ligne de production sera installée à Tanagra, près d’Athènes.
Ces partenariats visent à renforcer la défense grecque et à ouvrir des débouchés pour l’industrie locale, avec des coopérations possibles avec les sociétés israéliennes IAI et Rafael. Les responsables grecs étudient déjà d’autres projets communs avec Israël, dans le cadre d’un effort de modernisation militaire engagé sur le long terme.








