La Suisse fait face à un problème sérieux : la livraison du système antiaérien américain Patriot accuse un retard important, alors que le pays cherche à renforcer sa capacité à se défendre contre d’éventuelles attaques aériennes. Plutôt que d’attendre, la Confédération négocie avec trois pays, la France, Israël et la Corée du Sud, pour acheter en parallèle un autre système de défense sol-air de longue portée. Cette démarche tient à des inquiétudes croissantes sur la sécurité nationale et l’indépendance stratégique.
Pourquoi le Patriot prend du retard
L’achat du système antiaérien américain Patriot, décidé en 2021, se heurte à des contraintes imprévues. Les autorités américaines ont indiqué que la priorité donnée au soutien à l’Ukraine constituait la principale raison du délai, ce qui pèse aussi sur la production de missiles, explique BFMTV. Devant cette situation, le gouvernement suisse avait suspendu provisoirement les paiements destinés aux systèmes Patriot à l’automne dernier.
Pour limiter les effets du retard, à savoir des surcoûts liés à l’inflation et à la hausse des prix des matières premières, le Conseil fédéral a néanmoins annoncé récemment la reprise de ces paiements, afin d’éviter de nouveaux délais et des dépenses supplémentaires.
La Suisse cherche un second système longue portée
Face à l’incertitude, la Suisse étudie d’autres pistes. Des négociations contractuelles sont en cours avec des fabricants en France, en Israël et en Corée du Sud. Les options évoquées comprennent :
- Rafael (système David’s Sling)
- Israel Aerospace Industries (Barak MX)
- Hanwha Aerospace (L-SAM)
La Suisse privilégie, dans la mesure du possible, un système produit en Europe, conformément à sa stratégie qui vise à « réduire la dépendance vis-à-vis d’un seul fournisseur et d’une chaîne d’approvisionnement unique », selon le gouvernement. Parmi les solutions européennes, le consortium Eurosam (France et Italie) propose le SAMP/T NG, ce qui s’inscrit dans le mouvement vers les systèmes de défense européens. Ce système avait été écarté au profit du Patriot en 2021, mais le contexte actuel pourrait conduire à revenir sur ce choix.
Les autorités exigent aussi que l’industriel retenu fabrique en Suisse ou en Europe au moins une partie des composants critiques, afin de renforcer la souveraineté militaire.
Conséquences pour la stratégie et les finances
Le dossier ne se limite pas à la technique ou à la logistique. Il touche aussi aux questions financières et politiques. La Suisse dit vouloir éviter de perturber d’autres acquisitions importantes, comme celle des F-35A. Au départ, 36 appareils étaient prévus ; ce nombre devrait passer à 30, en raison d’ajustements budgétaires et d’accords administratifs avec les États-Unis.
La décision suisse devra se fonder sur l’évaluation du « meilleur rapport coût-efficacité » sur le plan technologique. Cette réflexion est nourrie par une urgence sécuritaire, décrite comme des « circonstances détériorées en matière de sécurité ». Un second système offrirait une couverture aérienne plus solide et protégerait des aléas des chaînes d’approvisionnement mondiales.








