L’armée de l’Air et de l’Espace française a testé une nouvelle capacité : tirer des missiles Hellfire depuis des drones Reaper en scénario air-air, pour contrer des drones comme les Shahed. L’essai a eu lieu en avril 2026 près de l’île du Levant, en Méditerranée.
Une avancée technologique sur le terrain
La 33e escadre de reconnaissance, de surveillance et d’attaque (33e Esra) fait voler ses Reaper depuis la base aérienne BA 709 de Cognac-Châteaubernard (Charente). Elle a réalisé des tirs d’expérimentation air-air avec des Hellfire pour abattre des cibles reproduisant des Shahed. Ces cibles, d’une envergure d’environ 3 mètres, ont été détruites, un résultat que l’armée qualifie d’« innovant ».
Le Hellfire a été utilisé sans modification particulière. Le lieutenant-colonel Nicolas explique dans le 20 Minutes : « La vocation première du missile Hellfire est de traiter des menaces au sol, mais nos équipages qualifiés instructeurs en armement et en emploi tactique ont imaginé son emploi pour traiter des menaces de type Shahed. » La weapon school, structure de formation tactique, a supervisé et présenté l’expérimentation.
Aujourd’hui @20minutes est à la BA 709 de Cognac où la 33e Esra opère les 12 #Reaper de @Armee_de_lair pic.twitter.com/LbNiEtnEeA
— mibosredon (@mibosredon) June 12, 2026
Ce que le Reaper peut désormais faire
Le drone Reaper MQ-9A peut voler jusqu’à 35 heures d’affilée. Ses missions ont évolué depuis 2019 avec l’intégration d’armements : il emporte des bombes GBU-12 et, depuis fin 2025, des missiles Hellfire. Ces armements permettent de nouvelles tactiques antidrones, destinées à protéger les infrastructures françaises visées par des appareils de type Shahed.
Le Shahed mesure 3,50 mètres de longueur pour 2,50 mètres d’envergure, porte une charge explosive de 40 kg, vole à 185 km/h et dépasse 2 000 km d’autonomie. Face à ces caractéristiques, il faut des réponses rapides et précises, que le couple Reaper-Hellfire vise désormais à fournir.
Une défense organisée en plusieurs niveaux
L’intégration du Hellfire sur Reaper fait partie d’une défense aérienne multicouche. Le binôme Reaper-Hellfire complète d’autres moyens comme les Rafale, les hélicoptères Caracal et Fennec, et les systèmes sol-air, avec des tests de tirs anti-drones. Le général de brigade aérienne Fabrice Fayet indique que, grâce à ces dispositifs, « le plot, complètement équipé, permettra d’accueillir sous très faible préavis, et avec une empreinte logistique réduite, le drone Reaper ».
Cette adaptation répond à l’utilisation intensive de drones Shahed par l’Iran depuis février 2026 et aux enseignements du conflit russo-ukrainien, où ces appareils ont été largement employés. La France renforce ainsi ses capacités de reconnaissance, de surveillance et d’attaque.
Où sont basés les drones et avec qui on coopère
L’implantation des drones change aussi. La BA 126 de Solenzara, en Corse, inaugurée le 10 juin 2026, doit servir de point avancé pour les opérations en Méditerranée. Elle vise à renforcer la sécurité régionale en coopération avec les partenaires européens et l’OTAN. Les 12 drones Reaper exploités par la 33e Esra gagnent en efficacité ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance) et passent du simple transit à des missions pleinement opérationnelles.








