Défense aérienne : le bouclier robotisé de MOOG et Milrem

À Eurosatory 2026, MOOG et Milrem ont déplacé le centre de gravité de la défense aérienne vers la robotique terrestre. Leur démonstrateur associe le véhicule de combat robotisé HAVOC 8×8 à la tourelle reconfigurable RIwP. La défense aérienne ne se limite plus à un véhicule habité, lourd et exposé, elle devient un nœud mobile, autonome, armé et connecté. Le projet revendique un retour d’expérience ukrainien, où drones, brouillage, artillerie observée et ciblage lointain ont imposé une protection plus dense, plus souple et plus distribuée. Derrière l’objet industriel, c’est donc une lecture très opérationnelle du champ de bataille qui s’affirme, car la défense aérienne face à la menace basse altitude impose désormais des réponses immédiates, multiples et moins coûteuses.

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Défense aérienne : le bouclier robotisé de MOOG et Milrem
Défense aérienne : le bouclier robotisé de MOOG et Milrem © Armees.com

Le 15 juin 2026, au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, Eurosatory a ouvert une édition largement dominée par la guerre de haute intensité, l’antidrone et la robotisation. MOOG et Milrem y ont dévoilé une solution de défense aérienne conçue pour les besoins du flanc Est de l’OTAN. Le salon, organisé du 15 au 19 juin, rassemble plus de 120 000 professionnels de la défense et de la sécurité, selon Eurosatory. Les combats en Ukraine ont montré l’urgence de protéger les unités contre les drones d’observation, les munitions rôdeuses et les attaques coordonnées venues de très basse altitude.

MOOG et Milrem placent la défense aérienne sur un robot de combat

Le démonstrateur repose sur une combinaison industrielle précise. Milrem fournit le HAVOC, un véhicule de combat robotisé 8×8. MOOG y intègre sa tourelle RIwP, une plateforme d’armes modulaire déjà présentée comme éprouvée et reconfigurable. La défense aérienne change alors d’échelle tactique. Elle n’est plus cantonnée à un véhicule habité chargé de protéger une zone fixe. Elle peut se déplacer avec les unités, occuper des positions avancées et réduire l’exposition des soldats. Ce choix répond à une évolution directe du champ de bataille ukrainien. Les drones repèrent, corrigent les tirs, guident les frappes et forcent les forces terrestres à se disperser. Une défense aérienne robotisée permet de placer des capteurs et des armes au plus près de la menace sans engager immédiatement des équipages.

Milrem rattache cette approche à une logique de réseau défensif persistant. En effet, l’entreprise estime que les systèmes terrestres sans équipage peuvent former une ligne de protection dans laquelle les robots exécutent les missions les plus risquées. « À Eurosatory 2026, nous montrons comment les systèmes robotiques et autonomes deviennent un élément central de la défense multicouche moderne », a déclaré Stefan Behre, directeur commercial de Milrem, selon le communiqué de l’entreprise publié le 15 juin 2026. La défense aérienne prend ici une dimension d’endurance. Le véhicule peut rester déployé, observer, agir, reculer ou être repositionné selon la pression ennemie. Le modèle intéresse particulièrement les armées confrontées à des menaces nombreuses, bon marché et difficiles à intercepter avec des moyens classiques.

Défense aérienne : la tourelle RIwP de MOOG muscle le HAVOC

La tourelle RIwP constitue l’élément armé du dispositif. Elle peut intégrer plusieurs effets sur une même plateforme : un canon 30×113 mm à munitions de proximité, une mitrailleuse de 7,62 mm, des missiles de défense sol-air courte portée, un brouilleur radiofréquence longue portée et un drone captif utilisé pour le ciblage au-delà de la ligne de vue. Cette architecture donne à la défense aérienne une réponse graduée. Le missile sert contre les cibles les plus exigeantes, et le canon traite les drones ou menaces proches. Le brouillage neutralise certaines liaisons sans tir cinétique, et le drone captif élargit la perception tactique. L’ensemble répond alors à une contrainte majeure : ne pas employer une munition coûteuse contre chaque menace légère.

MOOG insiste sur la vocation opérationnelle du système : « Conçu avec le front Est à l’esprit, ce système autonome robuste offre une capacité complète de défense aérienne multicouche », a déclaré Richard Allen-Miles, responsable capture EMEA chez MOOG, selon le communiqué officiel publié le 15 juin 2026. Cette formulation situe clairement le projet dans le prolongement des combats récents. La défense aérienne recherchée n’est pas seulement un outil de protection ponctuelle. Elle doit tenir face à des vagues de drones, à des menaces simultanées et à des actions de reconnaissance permanentes. Le HAVOC armé par RIwP répond à cette pression par la modularité. Les armées peuvent adapter la charge utile selon la mission, le terrain, la menace et le niveau d’autonomie autorisé.

Milrem et MOOG dessinent une défense aérienne distribuée pour le flanc Est

Le HAVOC présenté par Milrem est un véhicule 8×8 hybride électrique, conçu pour combiner mobilité, puissance de feu et systèmes de mission avancés. Cette base robotisée peut recevoir un canon 30×113 mm, des options de missiles sol-air courte portée et des systèmes de guerre électronique. La défense aérienne s’appuie ici sur une plateforme capable d’avancer dans des secteurs contestés, d’y rester, puis de transmettre des informations à l’échelon supérieur. Le drone captif Elistair Khronos ajoute une capacité de veille persistante depuis un point haut. Pour une unité déployée en zone boisée, urbaine ou masquée par le relief, cette hauteur d’observation peut devenir décisive. Elle offre une meilleure détection sans envoyer d’équipe humaine en avant.

La présentation d’Eurosatory 2026 marque aussi une étape industrielle. Selon le communiqué, il s’agit de la première intégration de RIwP sur une plateforme de Milrem. Le système est exposé hall 6, stand J145. Une autre intégration, fondée sur la plateforme de mission flexible de MOOG en coopération avec Milrem, est présentée hall 5a, stand B190. « En combinant autonomie avancée, défense aérienne multicouche et systèmes de mission modulaires, nous fournissons aux forces armées une solution très adaptable », a déclaré Paul Clayton, directeur des partenariats industriels chez Milrem. Le message adressé aux forces européennes est net. La défense aérienne du flanc Est se dirige vers des architectures plus dispersées, plus mobiles et moins dépendantes de véhicules habités placés en première ligne.

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