Guerre en Iran : le régime des mollahs veut récupérer les avoirs gelés

L’accord irano-américain du 14 juin 2025 redessine la stratégie militaire au Moyen-Orient. Réouverture du détroit d’Ormuz, démantèlement de 400 kilos d’uranium enrichi et repositionnement des forces américaines marquent la fin de quatre mois de conflit majeur dans le Golfe Persique.

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Guerre en Iran : le régime des mollahs veut récupérer les avoirs gelés © Armees.com

Depuis plusieurs semaines, un sujet longtemps resté technique est redevenu central dans les discussions entre Téhéran et Washington : l’accès aux milliards d’euros d’avoirs iraniens bloqués à l’étranger. Derrière les négociations diplomatiques et les déclarations sur la paix se joue une bataille financière majeure qui pourrait redonner de l’oxygène économique au régime des mollahs.

Le 14 juin 2026, les discussions entre l’Iran et les États-Unis ont franchi une nouvelle étape avec l’émergence d’un projet d’accord associant questions nucléaires, sanctions économiques et dégel progressif d’actifs iraniens détenus hors du pays. Au cœur de cette séquence diplomatique se trouve un enjeu devenu prioritaire pour Téhéran : récupérer des ressources financières immobilisées depuis des années sous l’effet des sanctions américaines et internationales. Pour le régime iranien, la question dépasse largement la trésorerie. Elle touche à la stabilité intérieure, à la capacité de financement de l’État et à son rapport de force stratégique avec les États-Unis.

Iran : des avoirs gelés devenus une arme économique contre le régime

Les avoirs gelés correspondent à des fonds appartenant à l’État iranien, à ses institutions ou à ses entreprises publiques mais bloqués dans des établissements étrangers en raison des sanctions. Ces mesures se sont accumulées au fil des crises liées au programme nucléaire iranien et aux tensions régionales.

Selon plusieurs estimations relayées par AFP et reprises dans la presse économique, le volume total des avoirs iraniens immobilisés dépasserait l’équivalent de 107 à 132 milliards de dollars selon les méthodes de calcul retenues. Une partie seulement serait immédiatement mobilisable, mais l’enjeu reste colossal pour une économie sous forte pression.

Dans les négociations actuelles, plusieurs scénarios sont évoqués. Reuters rapportait le 14 juin qu’un mécanisme pourrait permettre le déblocage d’environ 21 milliards dollars d’actifs iraniens dans le cadre d’un accord plus large entre Téhéran et Washington. Selon un responsable iranien cité par Reuters et repris par Euronews : « Les États-Unis acceptent de débloquer 21 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés ».

Pour le régime des mollahs, cette demande ne relève donc pas d’un simple geste diplomatique. Il s’agit d’obtenir un levier financier immédiat sans attendre une reprise complète des exportations ou un allègement total des sanctions.

Le régime des mollahs cherche une marge de manœuvre avant une paix durable avec les États-Unis

Depuis plusieurs années, l’économie iranienne évolue sous contrainte. Les sanctions limitent l’accès aux circuits financiers internationaux, compliquent les paiements extérieurs et réduisent les capacités d’investissement.

Dans ce contexte, récupérer des avoirs déjà constitués apparaît comme l’option la plus rapide pour injecter des liquidités dans l’économie nationale. Les négociateurs iraniens ont progressivement fait de ce sujet une condition structurante des discussions.

Selon des informations relayées par AFP, les représentants de Téhéran ont demandé un déblocage pouvant atteindre l’équivalent de près de 20 milliards d’euros dans une première phase. Une source iranienne citée par Reuters indiquait également : « L’Iran veut que six milliards à douze milliards de dollars d’avoirs gelés soient rendus à Téhéran ».

L’intérêt du régime est multiple. D’abord financer les dépenses publiques dans un contexte budgétaire tendu. Ensuite restaurer les réserves de change afin de stabiliser la monnaie nationale. Enfin envoyer un signal politique interne : montrer qu’une stratégie de négociation peut produire des résultats concrets sans remise en cause immédiate du système politique.

Cette logique explique pourquoi la question des avoirs apparaît désormais dans presque tous les échanges diplomatiques entre responsables américains, européens et iraniens.

Iran et avoirs gelés : une négociation qui dépasse la seule économie

La récupération des fonds iraniens ne constitue cependant qu’un élément d’un ensemble beaucoup plus vaste. Les discussions en cours associent également des exemptions sur le pétrole, des engagements sur le nucléaire et des garanties de sécurité régionale.

D’après Reuters, une période de négociation d’environ soixante jours est envisagée avant un éventuel accord définitif. Pendant cette phase, certaines sanctions pourraient être suspendues afin de créer un climat de confiance.

Pour Washington, le dégel des avoirs constitue aussi un outil politique. Les États-Unis peuvent conditionner l’accès aux fonds à des engagements vérifiables de Téhéran. Cette mécanique permet d’avancer sans lever immédiatement tout l’arsenal de sanctions construit depuis plusieurs décennies.

Le régime des mollahs voit au contraire ces actifs comme un droit souverain déjà acquis. Une source proche des discussions citée par AFP expliquait que « des avoirs gelés iraniens doivent être débloqués au cours des discussions ».

Cette divergence révèle le véritable enjeu stratégique : chaque dollar libéré représente à la fois une bouffée d’oxygène économique pour l’Iran et un instrument de pression diplomatique pour les États-Unis.

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