Eurosatory 2026 : Safran et MBDA sélectionnés pour les missiles longue portée

La ministre des Armées Catherine Vautrin annonce l’ouverture de négociations exclusives avec Safran et MBDA pour développer le successeur du missile Lance-Roquettes Unitaire. Un choix souverain qui écarte les solutions américaines et coréennes pour privilégier l’industrie française de défense.

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Eurosatory 2026 : Safran et MBDA sélectionnés pour les missiles longue portée © Armees.com

La ministre des Armées Catherine Vautrin a ouvert lundi 15 juin des négociations exclusives avec le consortium Safran-MBDA pour développer le successeur du missile Lance-Roquettes Unitaire (LRU). L’annonce, formulée lors de l’inauguration du salon Eurosatory, privilégie une solution française face à une concurrence internationale intense dans le domaine de la frappe de longue portée.

« Vous le savez, notre pays a souhaité se doter pour la frappe dans la profondeur d’un successeur au lance-roquettes unitaire. Nous sommes en phase, je vous l’annonce ce matin, [il y a] des négociations exclusives avec un groupement souverain composé de Safran et MBDA », a déclaré la ministre devant les professionnels de la défense réunis à Villepinte.

Le choix souverain français pour l’artillerie de nouvelle génération

Le programme Frappe de Longue Portée Terrestre (FLP-T), initié en 2023 par la Direction générale de l’armement (DGA), répond à une lacune capacitaire critique. Les LRU actuellement en service, dérivés d’un système américain de Lockheed Martin, atteindront leur fin de vie en 2027, créant un risque de rupture capacitaire majeur pour l’armée de Terre française. Le conflit ukrainien a démontré l’importance cruciale de ces systèmes d’artillerie dans les opérations contemporaines.

L’échéance de 2027 impose un calendrier serré aux industriels français. Selon les analyses spécialisées, la rupture capacitaire menacerait directement les capacités de projection française dans un contexte géopolitique tendu.

Thundart face à la concurrence internationale

Le consortium SafranMBDA avait pris une longueur d’avance en avril dernier en dévoilant Thundart, un système reposant sur un camion-lanceur tout-terrain emportant huit roquettes guidées. La solution française devait affronter une concurrence internationale redoutable, incluant le système sud-coréen K239 Chunmoo, le célèbre Himars américain de Lockheed Martin, et une proposition d’ArianeGroup-Thales fondée sur un missile balistique de 2.500 kilomètres de portée.

L’écartement du Himars américain reflète les réserves politiques et industrielles françaises face à une dépendance accrue envers les États-Unis pour une capacité stratégique. Les Échos soulignent que l’enjeu dépasse le simple choix technologique pour toucher aux fondements de l’autonomie stratégique française.

Une montée en puissance industrielle stratégique

La sélection du duo Safran-MBDA s’inscrit dans la politique de « préférence européenne » défendue par Emmanuel Macron. Safran renforce parallèlement ses capacités industrielles avec un investissement de 120 millions d’euros à Montluçon pour tripler sa production de gyroscopes à résonance hémisphérique, portant les capacités à 30.000 unités annuelles.

Exail Technologies prévoit de doubler ses capacités à environ 4.000 unités sur la période 2024-2028 pour répondre à la demande navale, drones marins et défense terrestre. L’investissement reflète « la très forte traction de la demande en systèmes de navigation inertielle », particulièrement cruciale face à la multiplication des brouillages GPS observés sur les théâtres d’opération contemporains.

Les défis technologiques de la nouvelle génération

Le futur missile français devra intégrer les innovations technologiques les plus récentes pour répondre aux défis opérationnels actuels. Les systèmes de guidage inertiel deviennent essentiels dans un environnement où la guerre électronique perturbe régulièrement les signaux GPS. L’évolution des menaces impose une approche technologique nouvelle aux systèmes d’armement.

Au-delà des performances techniques, le programme FLP-T vise à garantir à la France une capacité souveraine de projection de puissance terrestre pour les décennies à venir. Les négociations exclusives avec Safran et MBDA devront rapidement aboutir à un contrat définitif dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes qui stimulent les investissements militaires européens.

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