Eurosatory 2026 : Thales mise sur la roquette guidée laser pour contrer la guerre des drones

Le groupe français dévoile la LGR275 Proxy, une roquette de 70mm équipée d’un capteur de proximité pour neutraliser les drones à moindre coût. Face à la prolifération de ces menaces dans les conflits actuels, l’industriel tripl sa production belge d’ici 2028.

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Thales mise sur la roquette guidée laser pour contrer la guerre des drones
Eurosatory 2026 : Thales mise sur la roquette guidée laser pour contrer la guerre des drones © Armees.com

La guerre du futur se jouera dans le ciel. Thales en est convaincu et vient de lever le voile sur sa nouvelle roquette guidée laser LGR275 Proxy, spécialement conçue pour abattre les drones qui changent la donne militaire depuis l’Ukraine. Un pari industriel et technologique qui révèle les mutations profondes de la défense moderne.

Le constat est implacable : dans les zones de conflit actuel, les drones de classe 1 et 2 ont « fondamentalement changé la nature de la guerre », reconnaît l’industriel français. Ces essaims d’aéronefs bon marché, souvent bricolés, mettent en échec des systèmes de défense aérienne qui coûtent parfois mille fois plus cher qu’eux. Résultat : un déséquilibre économique qui peut « rapidement épuiser les stocks et peser sur les budgets de défense ».

L’équation impossible des coûts d’interception

Voilà le nœud du problème. Comment justifier de tirer un missile à plusieurs centaines de milliers d’euros sur un drone artisanal à 500 euros ? L’arithmétique militaire devient folle. Les armées occidentales, habituées à combattre avec des systèmes sophistiqués mais onéreux, découvrent les limites de leur modèle face à des adversaires qui privilégient la quantité sur la qualité.

La roquette LGR275 Proxy de Thales tente de résoudre cette quadrature du cercle. Équipée d’un capteur de proximité et d’une tête militaire « optimisée pour les cibles aériennes », elle offre une alternative moins coûteuse que les missiles traditionnels tout en conservant une précision guidée par laser. Une approche pragmatique qui admet implicitement l’échec des solutions existantes.

La Belgique, nouveau front industriel

Reste que cette innovation révèle aussi les recompositions géographiques de l’industrie de défense européenne. C’est en Belgique que Thales concentre ses efforts, avec un triplement de production prévu entre 2026 et 2028. Un choix qui n’est pas anodin : le site belge produit déjà les « roquettes standard de l’OTAN » et bénéficie d’une proximité géographique avec les théâtres d’opérations européens.

L’annonce intervient d’ailleurs en marge d’Eurosatory, le salon de la défense terrestre qui se tient en juin 2026. Un timing calculé pour rassurer les états-majors européens sur les capacités industrielles du continent face à une demande « internationale croissante ». Autrement dit, l’Europe commence à prendre la mesure de ses besoins en armements face aux nouvelles menaces.

SkyDefender, la réponse multicouches

Cette roquette s’intègre dans SkyDefender, le « dôme de défense aérienne » multicouches de Thales. Un système qui rappelle étrangement le Dôme de fer israélien, pionnier de la défense anti-projectiles. Mais là où Israël a développé sa technologie face aux roquettes artisanales du Hamas, l’Europe doit désormais s’adapter aux drones sophistiqués de puissances étatiques.

Le défi n’est plus seulement technique, il est industriel. Avec 4,5 milliards d’euros consacrés annuellement à la recherche et développement et 85 000 collaborateurs dans 65 pays, Thales mise sur son écosystème mondial pour répondre à des besoins militaires qui évoluent plus vite que les cycles de développement traditionnels.

Au final, la LGR275 Proxy illustre une vérité dérangeante : l’industrie de défense occidentale doit réapprendre la guerre de masse. Fini le temps où quelques systèmes d’armes sophistiqués suffisaient à dissuader l’adversaire. La prolifération des drones impose une logique de volume et de coût qui bouleverse les certitudes établies depuis la fin de la Guerre froide.

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