Donald Trump menace de frapper l’Iran « très fort ce soir » et de s’emparer de sites pétroliers

Donald Trump annonce qu’il va frapper l’Iran « très fort ce soir » et menace de s’emparer de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier iranien. Cette escalade survient après la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran et des ripostes iraniennes contre des bases américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn.

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Donald Trump menace de frapper l'Iran "très fort" et de s'emparer de sites pétroliers
Donald Trump menace de frapper l’Iran « très fort ce soir » et de s’emparer de sites pétroliers © Armees.com

Le président américain Donald Trump a franchi un nouveau cap dans l’escalade verbale avec l’Iran en annonçant jeudi 11 juin sur Truth Social qu’il allait frapper la République islamique « très fort ce soir« . Plus audacieux encore, il a révélé ses ambitions territoriales : « Dans un avenir très proche, nous prendrons l’île de Kharg, ainsi que d’autres infrastructures pétrolières, et nous prendrons le contrôle total de leurs marchés du pétrole et du gaz« .

L’annonce intervient après une nouvelle nuit de bombardements américains sur le territoire iranien et la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran « jusqu’à nouvel ordre« . En riposte, l’Iran a frappé plusieurs bases militaires américaines situées en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, marquant une extension préoccupante du conflit à l’ensemble du Golfe.

Le détroit d’Ormuz, verrou énergétique mondial

La fermeture du détroit d’Ormuz par l’autorité maritime iranienne PGSA transforme ce passage stratégique en épicentre d’une crise énergétique aux répercussions planétaires. Par cette voie maritime transitent habituellement 10 à 12% du trafic commercial mondial. Les autorités iraniennes demandent désormais aux demandeurs d’autorisation de passage « de faire preuve de patience et d’attendre les prochaines instructions« , selon Franceinfo.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) conteste fermement cette fermeture, affirmant que « les navires commerciaux continuent de transiter par le détroit d’Ormuz« . Washington a renforcé son dispositif en neutralisant un troisième pétrolier accusé de violer les sanctions contre l’Iran, portant à neuf le nombre de navires immobilisés depuis le début du conflit.

Kharg, cible économique stratégique

L’île de Kharg, située à 30 kilomètres des côtes iraniennes, représente le joyau de l’industrie pétrolière iranienne. Principal terminal d’exportation des hydrocarbures du pays, elle gère une part substantielle de la production nationale. En s’emparant de cette installation cruciale, Trump vise à paralyser l’économie iranienne et à s’approprier ses ressources énergétiques.

Le président américain établit un parallèle explicite avec le Venezuela : « tout comme nous l’avons fait avec le Venezuela, ce qui s’avère extrêmement profitable tant pour le Venezuela que pour les États-Unis« . Cette stratégie géoéconomique, mêlant force militaire et appropriation des ressources, s’inscrit dans une logique plus large de redéfinition des rapports de force régionaux.

Riposte iranienne et régionalisation du conflit

L’Iran répond coup pour coup aux menaces américaines. Les Gardiens de la Révolution ont tiré douze missiles balistiques sur la base aérienne d’Al-Azraq en Jordanie, visant un centre de commandement américain. Selon les sources iraniennes, « l’opération punitive » aurait détruit les installations et « un grand nombre d’avions de combat« .

La riposte s’étend aux monarchies du Golfe. Dix-huit cibles militaires américaines ont été frappées au Koweït (bases d’Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber) et à Bahreïn (base aérienne de Sheikh Isa). Les attaques ont causé des dommages collatéraux : une fillette de 11 ans a été légèrement blessée à Bahreïn, tandis que des habitations et véhicules ont été endommagés, selon Le Monde.

Négociations dans l’impasse

Les pourparlers de paix semblent au point mort. Mohammad Mokhber, haut responsable iranien, a posé un ultimatum sans équivoque : « S’ils respectent les intérêts de l’Iran et agissent en conséquence, la guerre se terminera. Sinon, la guerre continuera« . La détermination iranienne à ne pas céder face à la pression militaire américaine apparaît totale.

Trump accuse de son côté Téhéran de « tergiverser » dans les négociations. « On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous« , s’est-il emporté devant la presse. Le ministre de la Défense Pete Hegseth reproche également à l’Iran de « jouer au chat et à la souris » dans les discussions diplomatiques. L’échec des négociations laisse désormais place à une logique purement militaire.

Ondes de choc économiques et diplomatiques

La crise frappe déjà l’économie mondiale. La Banque centrale européenne (BCE) a révisé ses prévisions macroéconomiques pour 2026, anticipant une inflation à 3% contre 2,6% espérés initialement. La croissance de la zone euro devrait également pâtir de cette crise, passant de 0,9% à 0,8% selon les nouvelles projections, comme le rapporte Les Échos.

Sur le plan diplomatique, les appels à la désescalade se multiplient. La Russie appelle les deux pays à « revenir à la table des négociations« , tandis que la Chine « exhorte fortement les parties concernées à cesser immédiatement leurs opérations militaires« . La Turquie recommande aux belligérants de « cesser leurs attaques mutuelles » et l’ONU réclame « un cessez-le-feu total » par la voix d’António Guterres.

Vingt-deux pays, incluant les États-Unis, l’Australie et plusieurs nations européennes, ont publié un communiqué commun condamnant « les tentatives de meurtre et autres actions malveillantes menées en Europe, en Amérique du Nord et en Australie » par des entités étatiques iraniennes.

La spirale de l’escalade

L’annonce de nouvelles frappes « très fortes » par Trump laisse présager une intensification dramatique du conflit. Les trois personnes blessées dans la région de Téhéran lors des derniers bombardements américains témoignent de la montée en puissance des opérations militaires. Les frappes ont principalement visé le sud de l’Iran, mais des sites proches de la capitale ont également été touchés, notamment à Karaj, Nazarabad et Pishva.

La diplomatie iranienne qualifie désormais le cessez-le-feu de « pratiquement dénué de sens » après cette nouvelle nuit de bombardements. Mohammad Mokhber a prévenu que « chaque fois qu’ils attaquent, nous réagissons plus sévèrement et plus lourdement », laissant entrevoir une spirale de violences difficilement maîtrisable.

Alors que le Pakistan, pays médiateur, déplore l' »escalade » militaire et réitère son appel à une « solution négociée« , l’avenir de la région semble suspendu aux décisions de Donald Trump et à la capacité de résistance iranienne.

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