La Corée du Nord tire un missile balistique et revendique des essais d’armes tactiques guidées

Selon KCNA, les essais visaient à vérifier la fiabilité de ces systèmes et leur capacité à frapper des objectifs dans un cadre opérationnel.

Publié le
Lecture : 3 min
Réélu à la tête de l’organe suprême nord-coréen, Kim Jong Un renforce son contrôle politique dans un contexte régional tendu et de possibles évolutions constitutionnelles. Wikipedia
Réélu à la tête de l’organe suprême nord-coréen, Kim Jong Un renforce son contrôle politique dans un contexte régional tendu et de possibles évolutions constitutionnelles. Wikipedia | Armees.com

La Corée du Nord a lancé mardi plusieurs projectiles vers la mer Jaune, dont au moins un missile balistique de courte portée, selon l’armée sud-coréenne. Pyongyang affirme de son côté avoir testé une combinaison de missiles balistiques tactiques, de roquettes d’artillerie guidées et de missiles de croisière dotés de systèmes de guidage avancés.

La Corée du Nord a procédé mardi à une nouvelle séquence de tirs d’armes en direction de ses eaux occidentales, a annoncé l’état-major interarmées sud-coréen. Selon Séoul, au moins un missile balistique de courte portée a été détecté depuis la région de Jongju, dans le nord-ouest du pays, avant de parcourir environ 80 kilomètres et de retomber en mer Jaune.

L’armée sud-coréenne a également signalé le tir d’autres projectiles, sans en préciser immédiatement la nature. Des médias sud-coréens ont évoqué l’emploi possible de systèmes lance-roquettes multiples. Séoul a indiqué maintenir une posture de surveillance renforcée, en coordination avec les forces américaines stationnées dans la péninsule.

Le lendemain, les médias d’État nord-coréens ont confirmé une série d’essais supervisés par Kim Jong-un. L’agence officielle KCNA a affirmé que l’exercice avait porté sur plusieurs types d’armements, notamment des missiles balistiques tactiques, des roquettes d’artillerie de 240 mm à navigation de précision et des missiles de croisière tactiques présentés comme guidés par des technologies d’intelligence artificielle.

Selon KCNA, les essais visaient à vérifier la fiabilité de ces systèmes et leur capacité à frapper des objectifs dans un cadre opérationnel. Pyongyang a également mis en avant de nouvelles charges destinées à ses missiles balistiques tactiques. Les affirmations nord-coréennes n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Les tirs interviennent dans un contexte de tensions persistantes sur la péninsule coréenne. La Corée du Nord poursuit depuis plusieurs années le développement de missiles de courte portée, de roquettes guidées et d’armes tactiques destinées à renforcer ses capacités de frappe régionales. Ces systèmes sont conçus pour menacer des cibles situées en Corée du Sud, dont des bases militaires, des infrastructures de commandement et des sites logistiques.

La portée annoncée de certains missiles de croisière tactiques, autour de 100 kilomètres selon Pyongyang, placerait une partie importante du territoire sud-coréen à portée depuis des positions proches de la frontière intercoréenne. La région métropolitaine de Séoul, située à faible distance de la zone démilitarisée, demeure particulièrement exposée aux systèmes d’artillerie et de missiles nord-coréens.

La Corée du Nord avait déjà procédé, en avril, à des essais de missiles balistiques de courte portée équipés, selon ses médias officiels, de nouvelles charges conventionnelles. Ces tests s’inscrivent dans une campagne plus large de modernisation des capacités de frappe tactique du régime.

À Séoul, les autorités sud-coréennes ont condamné à plusieurs reprises les lancements balistiques nord-coréens, qu’elles considèrent comme une menace directe pour la sécurité régionale. Les États-Unis et la Corée du Sud maintiennent une étroite coopération militaire face à ces développements, notamment à travers des exercices conjoints et le renforcement des capacités de détection, d’interception et de riposte.

Ces nouveaux tirs surviennent également alors que Pyongyang bénéficie d’un environnement diplomatique plus favorable auprès de Moscou et de Pékin. La Russie et la Chine s’opposent depuis plusieurs années à de nouvelles sanctions internationales contre la Corée du Nord, malgré la poursuite de ses programmes balistiques et nucléaires.

Les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent pourtant à la Corée du Nord de conduire des activités liées aux missiles balistiques. En pratique, les divisions entre membres permanents du Conseil ont fortement limité la capacité de la communauté internationale à adopter de nouvelles mesures coercitives.

Pour Pyongyang, cette nouvelle démonstration militaire permet de mettre en avant l’avancement de ses programmes tactiques tout en adressant un message politique à Séoul, Washington et Tokyo. Pour la Corée du Sud, elle confirme la nécessité de suivre de près l’évolution des systèmes nord-coréens de courte portée, dont la précision, la mobilité et la diversité progressent régulièrement.

Laisser un commentaire

Share to...