Un incident aérien inédit a eu lieu au-dessus du sud de l’Estonie : un chasseur F-16 des forces de police aérienne de l’OTAN a abattu un drone ukrainien égaré, raconte Le Figaro. C’est la première fois qu’un tel acte est signalé dans les pays baltes, et cela soulève des questions sur l’implication de la région dans le conflit russo-ukrainien. Les autorités estoniennes, sous la direction du ministre de la Défense Hanno Pevkur, ont pris la décision de neutraliser le drone, insistant sur l’urgence de la situation.
Ce que disent l’Estonie et l’Ukraine
Le ministre estonien de la Défense, Hanno Pevkur, a expliqué que l’incursion aérienne était nécessaire. Selon lui, l’évaluation initiale laissait penser que le drone pouvait viser des cibles russes, ce qui a renforcé la nécessité de renforcer la coopération entre l’Estonie et l’Ukraine. L’Estonie cherche à améliorer ses capacités de défense aérienne et de lutte contre les drones en collaboration avec l’Ukraine, renforçant ainsi leur coopération militaire.
Le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna, a pris le parti de l’Ukraine en affirmant que ce pays a le droit de frapper des cibles militaires russes et que les drones égarés sont une conséquence des actions provocantes de la Russie. Tsahkna a confirmé que l’Estonie poursuit ses efforts pour renforcer sa coopération avec l’Ukraine.
De son côté, l’Ukraine a exprimé ses regrets par la voix de Heorhii Tykhyi, porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, qui a présenté des excuses à l’Estonie et aux pays baltes. L’Ukraine collabore avec l’Estonie pour mettre en place des mesures techniques destinées à éviter que des incidents similaires ne se reproduisent. Tykhyi a aussi insisté sur le fait que l’Ukraine agit en vertu de son droit à la légitime défense (article 51 de la Charte des Nations unies), tout en accusant la Russie de rediriger intentionnellement des drones ukrainiens vers les pays baltes.
Réaction russe et situation dans les pays baltes
Le Service russe de renseignement extérieur (SVR) affirme que l’Ukraine préparerait des attaques de drones contre la Russie depuis le territoire balte et menace de représailles. Ces allégations vont jusqu’à dire que la Lettonie, et plus particulièrement sa capitale Riga, aurait permis à Kyiv de lancer des drones depuis son sol. Le SVR n’a pas hésité à dénoncer ce qu’il décrit comme la russophobie supposée des dirigeants lettons.
La Première ministre lettone, Evika Siliņa, a fermement nié ces accusations, assurant que la Lettonie n’a jamais autorisé l’Ukraine à utiliser son territoire pour des frappes défensives contre la Russie. Elle a rappelé qu’il revient à l’Ukraine de se défendre face à l’agression russe, tout en soulignant que la Russie reste l’agresseur initial. Ce débat intervient dans une période politique tendue en Lettonie, après la chute de son gouvernement.








