Les 18 et 19 février 2026, un nouveau cycle de négociations s’est tenu à Genève entre représentants de l’Ukraine et de la Russie, sous l’attention directe des États-Unis. Officiellement, ces négociations visent un règlement du conflit. Toutefois, parallèlement aux discussions diplomatiques, Moscou propose des accords économiques d’une ampleur inédite à Washington, ce qui modifie profondément l’environnement des négociations en cours.
Des négociations économiques géantes pour reconfigurer le dossier Ukraine
D’abord, les négociations formelles sur l’Ukraine ont montré leurs limites. Le second jour des pourparlers s’est achevé après environ deux heures, alors que la première journée avait duré près de six heures, selon le magazine TIME. Volodymyr Zelensky a estimé que « la Russie tente de faire traîner des négociations qui pourraient déjà être à leur stade final ». Ainsi, les négociations diplomatiques donnent l’image d’un processus ralenti, tandis que les divergences de fond persistent.
Cependant, en parallèle, d’autres négociations se dessinent. Selon Reuters, des responsables européens du renseignement jugent que Moscou privilégie des accords d’affaires avec les États-Unis plutôt qu’un compromis rapide avec l’Ukraine. L’un d’eux a même parlé de « théâtre de négociations ». Dans ce contexte, les négociations économiques apparaissent comme un levier stratégique. Elles viseraient, d’une part, un allègement des sanctions et, d’autre part, une relance des flux financiers entre la Russie et les États-Unis.
Des négociations à 14 000 milliards de dollars : la Russie séduit Washington
Le cœur de ces négociations repose sur des montants inédits. Kirill Dmitriev, dirigeant du fonds souverain russe RDIF, a affirmé que « le portefeuille de projets potentiels entre les États-Unis et la Russie dépasse 14 000 milliards de dollars », selon The Moscow Times.
Par ailleurs, Volodymyr Zelensky a indiqué que ses services de renseignement évoquaient un volume de coopération bilatérale pouvant atteindre 12 000 milliards de dollars. Elles porteraient sur des secteurs stratégiques tels que l’énergie et les ressources naturelles. Selon Le Monde, Moscou envisage « l’ouverture du riche sous-sol russe aux entreprises américaines ». La normalisation avec Washington constitue « une priorité » pour la Russie. Dès lors, les négociations économiques deviennent un instrument diplomatique à part entière.
Des négociations sous tension entre exigences militaires et impératifs économiques
En parallèle, les négociations sur le terrain restent dures : la Russie exige que l’Ukraine retire ses forces de la partie de l’oblast de Donetsk qu’elle ne contrôle pas encore, soit environ 20 % de la région. Kyiv refuse. Volodymyr Zelensky a reconnu que « des bases de travail ont été posées, mais pour l’instant les positions diffèrent », selon The Guardian. Ainsi, les négociations territoriales demeurent bloquées, malgré les annonces économiques.
En outre, le contexte intérieur russe pèse sur ces négociations. Le taux directeur russe s’élève à 15,5 %, tandis que la croissance a atteint environ 1 % l’an dernier. Ces données montrent une économie sous pression. Dès lors, proposer des négociations massives aux États-Unis peut répondre à un double objectif : alléger les sanctions et attirer de nouveaux capitaux. Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a affirmé que « des entreprises américaines veulent revenir sur le marché russe ». De fait, ces négociations économiques pourraient redessiner la relation entre la Russie et les États-Unis, tout en reléguant la guerre en Ukraine au second plan stratégique.








