Un rapport accablant de la NASA sur le vol du Starliner
Le 19 février 2026, la NASA a rendu public un rapport de près de 300 pages consacré au vol d’essai habité du Starliner, développé par Boeing. D’emblée, la NASA qualifie l’événement de « Type A mishap », soit le niveau le plus grave dans sa classification interne, selon Reuters. Cette catégorie, précise l’agence, est réservée aux incidents majeurs impliquant un risque critique pour l’équipage ou le matériel. Or, le vol devait initialement durer huit jours. Pourtant, en raison de multiples anomalies, les astronautes sont restés plus de neuf mois à bord de la Station spatiale internationale. Ainsi, ce qui devait être une démonstration de fiabilité s’est transformé en crise opérationnelle majeure pour la NASA.
Selon le rapport, la NASA évoque des « déficiences de conception et d’ingénierie » affectant notamment le système de propulsion du Starliner. En effet, plusieurs propulseurs ont présenté des dysfonctionnements lors de l’approche de l’ISS. Par conséquent, la NASA a décidé de renvoyer le vaisseau sur Terre sans équipage. Dès lors, les astronautes ont dû être rapatriés par un appareil concurrent, modifiant profondément la planification initiale du vol. « L’issue de cette mission aurait pu être très très différente », a déclaré l’administrateur de la NASA, cité par Radiolac, soulignant la gravité des risques encourus. De plus, l’agence insiste sur la nécessité d’un examen en profondeur de l’ensemble des processus de validation du vol.
La NASA pointe des défaillances internes au-delà du Starliner
Au-delà des problèmes techniques du Starliner, la NASA reconnaît ses propres failles. D’après Reuters, des réunions internes ont été marquées par des tensions et des « émotions vives », ce qui aurait perturbé la prise de décision. Or, dans un programme spatial habité, la rigueur procédurale constitue un impératif absolu. La NASA admet que certains signaux d’alerte n’ont pas été suffisamment pris en compte avant le vol. Ainsi, le rapport ne se limite pas à critiquer Boeing. Il met également en cause la chaîne de supervision interne à la NASA, notamment dans l’évaluation des risques liés au système de propulsion du Starliner.
« Nous devons être transparents sur nos erreurs et faire en sorte que cela ne se reproduise jamais », a affirmé l’administrateur de la NASA. La NASA souligne également que la classification en « Type A mishap » place l’incident au même niveau que les accidents majeurs du passé. Dès lors, le Starliner n’est plus seulement un programme en difficulté : il devient un cas d’école en matière de gestion des risques. La NASA impose désormais un réexamen complet des procédures de certification avant tout nouveau vol habité.
Quel avenir pour le Starliner et la NASA après l’échec du vol ?
Le vol d’essai du Starliner devait marquer une étape clé dans la stratégie de redondance américaine, puisque la NASA cherche à disposer de deux systèmes indépendants pour transporter ses astronautes vers l’orbite basse. Cependant, cet échec fragilise la position de Boeing dans ce dispositif. Selon AP News, le directeur de la NASA a publiquement fustigé la gestion du programme par l’industriel. Dès lors, la confiance institutionnelle est ébranlée. Le Starliner, conçu pour concurrencer d’autres capsules américaines, doit désormais démontrer sa fiabilité avant tout nouveau vol habité sous supervision de la NASA.
Pour autant, la NASA ne ferme pas la porte au programme. Boeing s’est engagé à corriger non seulement les défaillances techniques identifiées, mais également les « problèmes culturels » mis en évidence dans le rapport. Cette dimension organisationnelle apparaît centrale. En effet, la NASA estime que l’échec du vol ne résulte pas d’un incident isolé, mais d’un enchaînement de décisions contestables. Par conséquent, la remise à niveau du Starliner nécessitera des modifications structurelles profondes, tant du côté industriel que du côté institutionnel. Ainsi, le vol raté devient un révélateur stratégique pour la NASA, confrontée à la nécessité de restaurer la crédibilité de son programme habité.








