Alors que la guerre au Soudan a franchi le seuil des 1000 jours au début de l’année 2026, le conflit s’enlise, entraînant dans son sillage une crise humanitaire sans précédent. La perspective d’un arc mer Rouge – Corne de l’Afrique durablement déstabilisé inquiète les puissances occidentales et régionales qui se sont structurées, via le Quad, pour aboutir à la formation d’un gouvernement civil de transition.
Qualifiée de “pire crise humanitaire au monde” par l’ONU, la guerre au Soudan est, depuis avril 2023, le théâtre de combats violents dont les conséquences dépassent aujourd’hui largement les frontières du pays. La guerre civile est devenue régionale.
La sécurité régionale en péril
Les enjeux sont clairs : situé à la jonction de routes maritimes critiques, de flux migratoires majeurs et de zones d’implantation de groupes armés, le Soudan est un pilier de la stabilité régionale. La prolongation voire l’extension des combats auraient des conséquences directes sur la sécurité de la mer Rouge, du Sahel et de la Corne de l’Afrique.
L’inquiétude des puissances régionales et frontalières grandit alors que les deux camps ne semblent pas prêts à poser les armes. Aussi, l’issue diplomatique reste-t-elle incertaine malgré l’action du Quad – formé des Etats-Unis, de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte et des Émirats arabes unis – qui tente depuis plusieurs mois de parvenir à une trêve humanitaire durable tout en posant les jalons d’une transition politique civile.
L’espoir d’un nouveau plan du Quad
Près de 13 millions de personnes ont été déplacées de force depuis le début du conflit, dont 8,6 millions au sein du pays et plus de 4 millions dans les pays voisins selon l’ONU. La crise humanitaire est une urgence absolue ; laquelle est, d’ailleurs, un des enjeux principaux du dernier plan de paix présenté par Massad Boulos, l’Envoyé spécial des États-Unis, le 3 février dernier lors d’une réunion des grands donateurs du Soudan à Washington.
À cette occasion, Les Émirats arabes unis ont annoncé une contribution à l’aide humanitaire de plus de 600 millions de dollars, montrant ainsi leur “détermination à assurer l’accès aux biens de première nécessité pour les populations civiles durement éprouvées par ce conflit dévastateur”, selon Lana Zaki Nusseibeh, ministre d’État au ministère des Affaires étrangères émirati. À cet appui, s’ajoute la sécurisation des couloirs humanitaires, autre point critique du nouveau plan du Quad.
Si Massad Boulos a affirmé avoir recueilli près de 1,5 milliard de dollars de promesses de dons, le Quad était particulièrement attendu sur la définition d’un processus de médiation cohérent. Un cessez-le-feu immédiat – exigé par le quatuor diplomatique – constitue la première étape d’une feuille de route devant mener à la formation d’un gouvernement civil de transition. Bien que l’accord des belligérants se fasse encore attendre, la pression exercée par le Quad représente aujourd’hui le seul rempart crédible contre une partition durable du pays et la reconfiguration, à terme, de l’équilibre sécuritaire de toute la région.








