Le Canada sous pression : ces armes venues des États-Unis qui arment les gangs

La hausse alarmante des homicides au Canada, liée au trafic d’armes en provenance des États-Unis, touche toutes les couches de la société.

Publié le
Lecture : 2 min
Le Canada sous pression : ces armes venues des États-Unis qui arment les gangs
Le Canada sous pression : ces armes venues des États-Unis qui arment les gangs © Armees.com

L’origine des armes utilisées dans les crimes à Toronto reste une question qui préoccupe fortement les autorités locales. Selon les dernières données compilées par les forces de police de la région et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), la majorité des armes à feu employées lors de crimes dans le Grand Toronto viendraient des États-Unis. Cette situation soulève de sérieuses inquiétudes pour la sécurité publique et montre combien il est compliqué de gérer un problème de cette ampleur.

Fusillade dans un studio à Toronto

Un épisode marquant illustre la gravité du phénomène. Dans un studio d’enregistrement du sud-est du Canada, situé dans un quartier animé de Toronto, des tirs ont éclaté « peu après minuit ». Quelques fêtards présents, chacun armé, ont vu un gang rival s’introduire et ouvrir le feu. La riposte immédiate des occupants a fait monter la violence, avec près d’une centaine de coups de feu en quelques minutes.

Les conséquences ont été alarmantes : des balles ont traversé des murs pour atteindre un supermarché et des maisons voisines. La police a saisi seize armes à feu, toutes introduites illégalement depuis les États-Unis. L’an dernier, les forces de l’ordre ont intensifié leurs opérations à Hamilton (ville proche de Toronto), démantelant un réseau de vingt-quatre trafiquants et récupérant quatorze pistolets. Ces incidents montrent la facilité avec laquelle les armes circulent illégalement, notamment via des véhicules, des drones ou des bateaux.

Un marché noir qui explose et la hausse des homicides

Le Canada voit se développer un marché noir d’armes à feu alimenté par des achats aux États-Unis, rapporte le média Slate. En Floride, un pistolet acheté pour 426 € peut être revendu jusqu’à 3 670 € dans le sud de l’Ontario. Entre 2013 et 2023, les homicides au Canada ont augmenté de 33 %, la plupart liés aux armes à feu, qui sont devenues la première cause de décès par homicide depuis 2016.

Les interceptions aux frontières reflètent la même tendance. En 2020, 456 armes ont été saisies par les autorités canadiennes. Ce chiffre a presque doublé en 2024, atteignant 827 armes. La même année, 88 % des armes de poing saisies à Toronto provenaient des États-Unis, contre 51 % une décennie plus tôt. Pour donner un ordre de grandeur, Toronto a recensé 85 homicides en 2024, contre 580 à Chicago, bien que les États-Uniens soient huit fois plus susceptibles d’être tués par balle.

La banalisation des armes à feu

Le témoignage bouleversant de Holly Roy, mère de JahVai, tué par une balle perdue, met en lumière le drame humain de cette situation. Son fils de 8 ans a été tué dans sa chambre le 16 août 2024, et trois suspects, tous mineurs au moment des faits, ont été inculpés pour meurtre. Des policiers de plusieurs régions font état d’une hausse des saisies : la Police de Peel, qui intercepte quotidiennement des armes illégales, parle d’un environnement où les armes deviennent monnaie courante. L’« impétuosité » des fêtards et la « normalisation » du port d’arme à des événements sociaux témoignent d’une évolution préoccupante des comportements.

Laisser un commentaire

Share to...