La Croatie, qui veut moderniser une flotte héritée de l’époque yougoslave, a lancé un appel d’offres pour acheter deux nouvelles corvettes. Ce renouvellement vise à permettre au pays de contribuer aux missions de l’OTAN et de surveiller efficacement la mer Adriatique. Parmi les candidats, Naval Group, le constructeur naval français, propose ses corvettes Gowind 2500, présentées comme performantes en lutte anti-sous-marine et en défense aérienne.
Où en est la flotte croate ?
La marine croate possède aujourd’hui une flotte vieillissante : la corvette la plus récente, la Kralj Dmitar Zvonimir, a été mise en service en 2001 (sa construction a commencé en 1993). Les achats les plus récents datent de 2008 avec deux vedettes lance-missiles de la classe Helsinki, déjà utilisées plus de vingt ans sous pavillon finlandais. Pour faire face aux menaces aériennes et sous-marines le pays doit s’équiper de navires plus modernes, comme le souligne le quotidien Jutarnji list : « Nous avons besoin de navires capables de se défendre contre les attaques aériennes […] efficace. »
Sur cet appel d’offres, 17 constructeurs navals ont été sollicités par Zagreb, et douze ont répondu. Les pays candidats incluent la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, les États-Unis, les Pays-Bas, la Corée du Sud et la Turquie. Le projet insiste particulièrement sur la participation des chantiers navals croates, comme l’a noté le quotidien Glas Istre : « Ce projet met explicitement l’accent sur la participation des chantiers navals croates. »
L’offre de Naval Group : la corvette Gowind 2500
La Gowind 2500 proposée par Naval Group est vue par l’expert militaire croate Matija Blaće comme un navire bien équilibré et lourdement armé, notamment avec les missiles Exocet et MICA, et une capacité de connectivité avec les avions Rafale, similaire au programme Barracuda.
Avec un déplacement de 2 600 tonnes, une longueur de 102 mètres, et équipée du système de combat SETIS, la Gowind se positionne comme une option haut de gamme, capable de remplir les missions de défense attendues.
Le gouvernement croate a aussi insisté sur les transferts industriels et technologiques liés au contrat, un critère qui pourrait pousser Naval Group à renforcer la coopération avec des partenaires croates. Matija Blaće évoque même : « Il existe peut-être une possibilité de compensation si un accord est conclu avec Naval Group. »
Budget et calendrier de livraison
Le budget prévu pour l’achat des deux corvettes se situe entre 600 millions et 1,6 milliard d’euros. Ce montant couvre la livraison des navires, les munitions, la formation des équipages et le maintien en condition opérationnelle. La Croatie vise à réceptionner le premier navire d’ici 2030, un calendrier qui traduit l’urgence du dossier. Ce planning intervient aussi alors que le programme européen de corvette multimodulaire (MMPC) reste incertain, ce qui renforce le besoin immédiat de modernisation.








