Un rapport récent soulève des questions importantes sur le coût unitaire des Eurofighter par rapport aux Rafale. La comparaison montre des différences marquées, non seulement au niveau des dépenses mais aussi des modèles de coopération industrielle. Le coût unitaire des Eurofighter est présenté comme « près de deux fois supérieur à celui du Rafale » selon la Cour des comptes française, une affirmation qui interroge la gestion des programmes de défense européens.
Coopération : ce qui se joue côté finances
La décision sur l’avenir du SCAF est déterminante pour la France, l’Allemagne et l’Espagne. Dans une situation où « il ne reste plus qu’une semaine » pour parvenir à un accord, la pression est forte. Lors d’une audition en juin, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a dit que Dassault voulait un modèle de coopération lui permettant d’imposer ses décisions à Airbus. Cette approche s’inspire du succès du programme nEUROn, mené à faible coût et sur une période courte, sous l’égide de la Direction générale de l’armement (DGA).
De leur côté, Airbus et les industriels allemands poussent pour un modèle proche de celui de l’Eurofighter Typhoon, projet commun entre le Royaume‑Uni, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Michael Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence & Space, défend cette voie en insistant sur le respect des accords initiaux, malgré des tensions croissantes entre les parties.
Surcoûts et critiques des modèles actuels
Les rapports des cours des comptes britannique, française et allemande tirent la sonnette d’alarme : le coût total des Eurofighter acquis par le Royaume‑Uni a atteint 43,6 milliards d’euros, soit un surcoût de 75 % par rapport aux prévisions initiales. Les coûts de maintenance seraient, eux, deux fois supérieurs aux estimations (un point souligné par la Cour des comptes allemande). Ces chiffres illustrent les difficultés financières des grands programmes de défense européens.
Les sénateurs Pascal Allizard et Hélène Conway‑Mouret demandent un réexamen des méthodes employées, estimant que « les objectifs financiers et industriels doivent retrouver toute leur place lors de l’élaboration des coopérations européennes », cite le média Zone Militaire. Leur critique vise à améliorer la performance technologique et budgétaire des programmes à venir.
Deux modèles à l’épreuve : nEUROn vs Eurofighter
Les tensions entre Dassault et Airbus mettent en lumière deux modèles de coopération bien distincts. Le modèle nEUROn, basé sur une coopération industrielle claire avec la France en leader, a montré son efficacité sur les délais et les coûts, tandis que le modèle retenu pour l’Eurofighter mise sur une répartition équitable des tâches et la mutualisation des compétences, même s’il est critiqué pour des inefficacités perçues.
La coopération nEUROn est mise en avant comme une réussite grâce à « l’absence de conflit de préséance », selon Éric Trappier. Il faut souligner que ces choix de gouvernance influencent directement les coûts finaux et les compromis techniques des projets.
Le choix du modèle pour le SCAF reste en suspens, accentué par des « échanges souvent musclés » entre industriels et responsables politiques. Le dossier semble bloqué. Selon un porte‑parole du gouvernement allemand, « il restait encore beaucoup de temps avant la fin de l’année » pour débloquer le projet.








