Le président argentin, Javier Milei, a récemment annoncé un virage dans la défense du pays. Le 7 novembre 2025, il a révélé que l’Argentine allait acquérir des sous-marins auprès de la France. Après huit années sans sous-marins actifs, depuis la catastrophe du San Juan en 2017 qui a coûté la vie à 44 membres d’équipage, cette décision tombe à point nommé. Avec 4 700 kilomètres de littoral, surveiller cette large zone économique exclusive est devenu une priorité pour le pays.
Un partenariat pratique avec la France
Sur l’initiative du président argentin et en collaboration avec son homologue français, Emmanuel Macron, l’Argentine s’apprête à commander trois sous-marins Scorpène fabriqués par le constructeur français Naval Group. Selon Science et Vie, ce contrat, évalué à 2,3 milliards d’euros, inclut aussi bien les sous-marins que les pièces de rechange et une formation complète pour les opérateurs argentins. La construction se fera à Cherbourg, en France, avec la mise en place d’une nouvelle nef d’assemblage dédiée à l’exportation.
Ce choix de fournisseur a toute son importance. Naval Group a notamment devancé le concurrent allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) pour décrocher ce marché, évitant ainsi les tensions diplomatiques rencontrées dans d’autres contrats. Pour Javier Milei, « Nous achetons des sous-marins et des navires pour patrouiller les côtes », mettant en avant l’importance de cet achat pour la sécurité du pays.
Une situation économique et géopolitique en transformation
L’achat de ces sous-marins arrive à un moment où l’économie argentine commence à se redresser après une période compliquée. Même si la dette publique du pays avait atteint 155,4 % du PIB en 2023, on prévoit qu’elle descendra à environ 73 % d’ici la fin de 2025, porté par une croissance de 5,2 % cette année. Par ailleurs, les investissements directs français en Argentine ont bondi de 43 % en 2024 pour atteindre 7,6 milliards d’euros. La France se hisse ainsi au cinquième rang des investisseurs étrangers dans le pays.
Sur le plan géopolitique, cette acquisition place l’Argentine aux côtés du Chili et du Brésil, faisant d’elles les trois seules nations sud-américaines à avoir commandé des sous-marins dans le cadre d’un partenariat avec Naval Group. Cette opération renforce non seulement les moyens maritimes argentins mais aussi ses liens avec la France.
Ce que ça change pour Naval Group et pour la défense
Pour Naval Group, ce contrat représente un gros coup de pouce après quelques revers, comme les difficultés des entreprises françaises sur le marché canadien. Le regain de dynamisme économique en Argentine devrait faciliter encore plus ce partenariat fructueux.
En Argentine, déjà en août 2024, l’amiral Carlos María Allievi avait souligné l’urgence de retrouver une flotte sous-marine opérationnelle, répondant ainsi directement à ce besoin de modernisation de la flotte.








