La Thaïlande tourne le dos aux États-Unis et mise sur la Chine pour son sous-marin

La Thaïlande, ancien allié des États-Unis, signe un accord militaire avec la Chine pour un sous-marin.

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La Thaïlande tourne le dos aux États-Unis et mise sur la Chine pour son sous-marin
La Thaïlande tourne le dos aux États-Unis et mise sur la Chine pour son sous-marin © Armees.com

La Thaïlande a récemment signé un accord marquant avec la Chine pour l’achat d’un sous-marin diesel-électrique, signe évident d’un changement dans ses ventes d’armes. Autrefois fidèle allié des États-Unis, Bangkok semble aujourd’hui vouloir tracer sa propre route sur la scène internationale.

Le cadre géopolitique de la Thaïlande

Traditionnellement, la Thaïlande s’est rangée du côté des États-Unis, participant notamment à la guerre du Vietnam aux côtés de Washington. Depuis 2003, Washington considère officiellement Bangkok comme un « allié majeur non-membre de l’OTAN ». Cependant, les relations entre Bangkok et Washington se sont compliquées ces dix dernières années, surtout après le coup d’État de 2014 qui a entraîné la suspension de l’aide militaire américaine. Par ailleurs, sa proximité avec la Chine permet à Pékin de tenter d’étendre son influence dans la région.

Les détails de l’accord militaire avec la Chine

En septembre dernier, la Thaïlande a conclu un accord pour s’équiper d’un sous-marin Type 039A (dénommé S26T) auprès de la Chine, contrastant avec les sous-marins nucléaires envisagés par l’Australie. Les négociations ont duré 10 ans, ce qui montre bien l’importance que Bangkok accorde à cet achat. Initialement prévu pour trois sous-marins, le contrat a été réduit à un seul en raison de contraintes budgétaires. La coque du sous-marin a été construite en 2019 et sa livraison est programmée pour 2028, confirme le média Interesting Engineering.

Mesurant 77 mètres de long et pesant 2 550 tonnes, ce sous-marin est équipé d’un système de propulsion Stirling (fonctionnant sans apport d’air externe) et d’un moteur chinois CHD620, qui vient remplacer le MTU 396 initialement prévu à cause d’un embargo européen.

La décision de Bangkok s’inscrit dans une stratégie de « double jeu » visant à préserver une certaine incertitude dans ses orientations. D’après Greg Raymond, du Centre d’études stratégiques et de défense, même si la Thaïlande reste officiellement un allié des États-Unis, elle cherche à éviter de se retrouver trop dépendante d’une seule puissance. L’achat de ce sous-marin n’est donc pas tant une priorité militaire, mais plutôt un signal politique fort.

Les restrictions budgétaires et l’embargo européen ont poussé Bangkok à envisager d’autres options pour moderniser ses équipements militaires. Ce choix témoigne également de la volonté du pays de garder sa marge de manœuvre face aux grandes puissances mondiales.

Réactions internationales et répercussions

Aux États-Unis, des réactions devraient se faire sentir dans les semaines à venir. Même si Donald Trump avait critiqué le coup d’État thaïlandais de 2014, Washington continue de considérer Bangkok comme un partenaire de longue date, fort d’une amitié diplomatique remontant à près de deux siècles.

L’achat du sous-marin est perçu comme un message clair à l’intention de Washington : la Thaïlande ne veut pas se laisser enfermer dans l’influence d’une seule grande puissance. En choisissant un fournisseur chinois pour des équipements militaires sophistiqués, Bangkok renforce sa position dans le jeu des alliances internationales, influençant ainsi la coopération navale en Asie du Sud-Est.

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