Comment la Russie contourne les sanctions pour vendre ses avions de chasse Sukhoi

Une fuite massive de documents révèle des contrats russes d’exportation d’avions Sukhoi vers l’Algérie, l’Iran et l’Éthiopie, dévoilant des calendriers de livraison, des volumes d’achats et la stratégie de Moscou pour contourner les sanctions.

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Une fuite massive de documents révèle des contrats russes d’exportation d’avions Sukhoi vers l’Algérie, l’Iran et l’Éthiopie, dévoilant des calendriers de livraison, des volumes d’achats et la stratégie de Moscou pour contourner les sanctions. Wikipedia
Une fuite massive de documents révèle des contrats russes d’exportation d’avions Sukhoi vers l’Algérie, l’Iran et l’Éthiopie, dévoilant des calendriers de livraison, des volumes d’achats et la stratégie de Moscou pour contourner les sanctions. Wikipedia | Armees.com

Une récente divulgation de documents internes à Rostec, le géant russe de l’armement, révèle des détails jusque-là inédits sur les ventes d’avions de chasse russes à l’Algérie, à l’Iran et à l’Éthiopie. Ces informations soulignent l’intensification des liens militaires de la Russie et ses capacités à maintenir des exportations sous pression internationale.

Des commandes stratégiques entre Moscou et ses clients

Les documents fuités, attribués au conglomérat russe Rostec, exposent en effet des contrats détaillés impliquant la vente de chasseurs Sukhoi à trois États : l’Algérie, l’Iran et l’Éthiopie. Selon les tableaux internes, l’Iran est identifié par le code « 364 » et aurait commandé 48 Su-35 multirôles. L’Algérie, qualifiée de code « 012 », serait destinataire de 12 exemplaires du Su-57 de nouvelle génération, ainsi que de 14 Su-34 d’attaque. Enfin, l’Éthiopie, sous le code « 231 », aurait signé un accord pour l’acquisition de six Su-35.

Ces contrats, s’ils sont authentiques, constitueraient certains des plus importants exports d’avions de chasse de la Russie depuis le début du conflit ukrainien. Les documents ne se limitent pas aux quantités : ils dévoilent aussi les plans de livraison, les composants électroniques (avionique, guerre électronique) destinés à être intégrés aux appareils exportés, et les schémas utilisés pour contourner les sanctions occidentales.

Calendriers, défis industriels et implications géopolitiques

Pour l’Iran, les fichiers indiquent que les équipements KRET (la filiale de Rostec chargée de l’avionique et des systèmes électroniques) seraient expédiés dans des périodes situées entre 16-18 mois et 46-48 mois après les paiements initiaux. Si les acomptes avaient été versés en 2022, cela placerait les livraisons des sous-systèmes entre 2024 et 2026, et la finalisation des appareils (assemblage, essais, certification) entre 2026 et 2028.

Quant à l’Algérie, les composants pour les Su-57 et Su-34 seraient fournis sur la période 2024-2026, une fenêtre compatible avec les précédentes rumeurs de négociation avancée.
Pour l’Éthiopie, les documents suggèrent que le contrat est déjà en phase avancée, voire que certaines livraisons ont commencé, bien que peu d’éléments concrets le confirment. Ces calendriers témoignent de la complexité d’une chaîne logistique devant synchroniser la production d’électronique, d’avionique et d’équipements de guerre électronique, tout en répondant à une demande militaire nationale et étrangère.

Comment la Russie s’impose comme fournisseur d’arme de premier plan

La Russie, malgré les sanctions occidentales accrues depuis l’invasion de l’Ukraine, continue de tirer parti de la fidélité de certains États pour maintenir ses exportations militaires. L’Algérie occupe une place particulière comme possible premier client étranger du Su-57, ce qui serait une victoire diplomatique et industrielle pour Moscou.

Pour l’Iran, recevoir 48 Su-35 dotés de systèmes russes avancés renforcerait significativement sa supériorité aérienne dans une région disputée. En ce qui concerne l’Éthiopie, l’entrée dans le cercle des opérateurs du Su-35 pourrait redessiner les équilibres en Afrique de l’Est, même si les défis économiques restent majeurs pour supporter un tel système. Ces ventes potentielles renforcent la posture internationale de la Russie comme fournisseur d’armement sophistiqué hors du bloc occidental et accroissent son influence militaire dans des zones stratégiques.

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