L’aéroport de Munich, l’un des grands hubs aériens d’Europe, a dû fermer ses portes pour la deuxième nuit d’affilée, du vendredi 3 au samedi 4 octobre 2025, à cause d’une alerte aux drones. Ce genre d’alerte, qui inquiète de plus en plus tant les responsables que les voyageurs, a chamboulé le quotidien de milliers de passagers et relance le débat sur la sécurité aérienne en Europe.
Fermeture et perturbations dans le trafic
Les opérations ont été interrompues dès 21 h 30 vendredi soir après que des observations incertaines de drones ont été signalées. Un peu avant 23 heures, deux repérages simultanés ont confirmé la présence de drones près des pistes Nord et Sud de l’aéroport, par conséquent, 6 500 passagers se sont retrouvés dans l’embarras.
Cette situation a engendré l’annulation ou le détournement de 69 vols. Pour être précis, 23 vols ont été redirigés vers d’autres destinations, 12 avions n’ont pas pu atterrir et 46 vols au départ de Munich ont été annulés ou reportés. Afin de soulager les désagréments, l’aéroport a proposé des lits de camp et de la nourriture aux voyageurs bloqués. La reprise du trafic était prévue aux environs de 5 heures samedi matin, même si des retards étaient attendus tout au long de la journée.
Réactions politiques et mesures de sécurité
Le gouvernement allemand n’a pas laissé passer cet événement. Le ministre de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a évoqué ces drones comme une « menace » pour la sécurité nationale. Il a demandé à ce que la législation soit modifiée pour autoriser l’abattage de ces engins intrusifs, affirmant : « À partir de maintenant, il faut abattre les drones au lieu d’attendre ». Pour le moment, seule la police est habilitée à faire cela. De son côté, le gouvernement du chancelier Friedrich Merz envisage de réviser les lois sur la sécurité aérienne pour peut-être donner ce droit à l’armée.
Soupçons internationaux et initiatives européennes
L’agitation ne se limite pas à l’Allemagne. Des pays comme la Pologne et la Roumanie pointent du doigt la Russie, soupçonnée derrière ces survols de sites sensibles, ce qui soulève des préoccupations sur la sécurité régionale. Même si Moscou nie toute implication, la tension reste palpable.
Dans ce climat, l’Union européenne pense sérieusement à mettre en place un « mur » antidrones pour protéger ses infrastructures critiques, soulignant les tensions géopolitiques. Les représentants des 27 États membres se sont récemment réunis à Copenhague afin de discuter des mesures à adopter pour faire face à ce problème.
Un phénomène plus large et des incidents comparables
Ce ne sont pas les seuls incidents de ce genre. En septembre dernier, l’aéroport de Copenhague a lui aussi fermé temporairement en raison d’incursions par des drones, le 22 septembre, avec de nouveaux incidents le 25 septembre. La Pologne a également signalé une intrusion massive, avec 19 drones ayant pénétré son espace aérien.
Ces événements surviennent alors que l’Allemagne célébrait sa fête nationale le vendredi 3 octobre 2025, ce qui ajoute une dimension particulière aux inquiétudes sur la sécurité.








