Insolite mais réel : un moyen naturel pour contrer l’invasion russe

L’Ukraine redéfinit la guerre en utilisant la nature comme arme stratégique.

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Insolite mais réel : un moyen naturel pour contrer l’invasion russe
Insolite mais réel : un moyen naturel pour contrer l’invasion russe © Armees.com

En février 2022, l’histoire a connu un tournant avec l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, lancée depuis la Biélorussie. Les forces ennemies se dirigeaient vers Kiev, la capitale, mais une défense un peu peu ordinaire s’est révélée décisive : utiliser à bon escient les drones lancés depuis des bateaux. Ce choix montre bien comment la nature peut se transformer en véritable atout en période de conflit.

Des défenses aquatiques en Ukraine

Pour freiner l’avancée russe, l’armée ukrainienne a opté pour une manœuvre audacieuse et efficace. En perçant un barrage sur la rivière Irpin, dans la banlieue nord-ouest de Kiev, elle a inondé une vaste zone en amont. Cette plaine noyée a non seulement ralenti les forces adverses, mais elle est également devenue le cadre d’un spectacle suivi dans le monde entier : des chars russes abandonnés, embourbés dans la boue. Un expert a même qualifié cette tactique de « guerre hydraulique » ou « war-wilding », soulignant ainsi son originalité.

La vallée de l’Irpin s’est rapidement imposée comme le symbole d’une résistance où la nature occupe une place centrale. Au-delà de son rôle d’obstacle physique, ces zones humides ont empêché toute progression des troupes russes au nord-est de Kiev sans qu’une intervention directe soit nécessaire. Face à ces difficultés naturelles, la Russie a fini par délaisser ses plans d’avancer vers Kiev pour se concentrer sur le sud-est du pays.

Les atouts des zones humides

Les événements en Ukraine ont ravivé l’intérêt pour des défenses naturelles sur l’ensemble du continent européen, reflétant les tensions géopolitiques en Europe. Des chercheurs venus d’Ukraine, de Pologne et d’Allemagne défendent aujourd’hui la restauration et la préservation à grande échelle des zones humides, en parallèle des préparations militaires en Pologne. Ces projets visent à freiner toute escalade militaire possible tout en soutenant des actions environnementales, notamment la neutralité climatique et la préservation de la biodiversité.

Bohdan Prots, qui travaille sur le terrain dans les vieilles forêts au nord de Kiev, milite depuis longtemps pour ces méthodes naturelles. D’autre part, Hans Joosten, Franziska Tanneberger et Malte Schneider ont présenté un plan ambitieux pour réhumidifier les tourbières. Le ministère polonais de la Défense nationale et l’armée allemande considèrent également ces zones comme de précieux partenaires stratégiques.

Les défis et perspectives à venir

Même si ces tactiques ont prouvé leur efficacité, elles rencontrent plusieurs obstacles en Ukraine. Olga Denyshchyk souligne, par exemple, le manque de sensibilisation sur la valeur des tourbières dans la situation actuelle du pays. De plus, Oleksii Vasyliuk évoque la concurrence pour l’utilisation des terres, ce qui entrave l’adoption plus large de ces méthodes naturelles.

Parallèlement, des initiatives innovantes telles que la paludiculture et le réensauvagement sont déjà en cours dans certaines zones frontalières, malgré l’attaque massive de drones par la Russie. Michał Żmihorski affirme que « les zones humides et les forêts humides sont les meilleures barrières pour repousser les troupes envahissantes », montrant ainsi toute l’utilité stratégique de ces milieux.

L’histoire offre elle aussi des exemples inspirants d’utilisation défensive de la nature. Carl von Clausewitz évoquait les marécages dans son ouvrage « De la guerre », et les Pays-Bas se sont servis astucieusement de leurs inondations pour repousser divers envahisseurs.

Aujourd’hui, ces propositions visent à renforcer la sécurité européenne tout en générant un effet positif sur le climat grâce à la capacité des écosystèmes restaurés à séquestrer le CO₂.

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