La guerre en Ukraine semble prendre un nouveau virage. En tout cas, le renseignement militaire ukrainien annonce que la Russie intensifie sa présence en Arménie.
La guerre en Ukraine s’exporte en Arménie
Depuis le début du mois de juillet 2025, les services de renseignement militaire ukrainiens rapportent un renforcement sans précédent de la présence militaire russe en Arménie. Un acte qui, bien que démenti par Erevan, soulève des interrogations sur les véritables intentions de Moscou dans une région stratégique du Caucase.
Depuis quelques jours, les services de renseignement militaire ukrainiens mettent en lumière un développement inquiétant concernant la Russie et son emprise sur le Caucase du Sud. Selon leurs informations, la Russie aurait renforcé ses effectifs militaires dans la plus grande base russe en Arménie, située près de la frontière avec la Turquie. Cet avertissement intervient après un premier signal donné par Kiev, mais qui a été immédiatement rejeté par les autorités arméniennes.
Pourtant, selon les analystes, ces mouvements militaires ne sont pas anodins, et pourraient bien s’inscrire dans une logique plus large d’influence russe dans cette région stratégique, en proie à de multiples tensions interethniques et géopolitiques.
Le renseignement ukrainien : un signal d’alarme ?
Le renseignement militaire ukrainien, connu sous l’acronyme HUR, affirme avoir mis la main sur des documents secrets provenant directement de l’armée russe. Ces documents feraient état d’un ordre émanant du commandement des forces russes pour renforcer la présence militaire sur la base de Gyumri, dans le nord-ouest de l’Arménie. Le but déclaré de ce renforcement serait d’augmenter l’influence russe sur la région et de « déstabiliser la sécurité mondiale« , en particulier dans un contexte où les tensions entre Bakou et Erevan restent palpables.
Le ministère arménien des Affaires étrangères a toutefois démenti ces affirmations, affirmant qu’aucune initiative de ce genre n’était en cours. Mais le HUR vient de publier un document supplémentaire qu’il attribue à l’armée russe. Ce dernier stipule un « réapprovisionnement urgent » de la base militaire de Gyumri, précisant que des unités russes doivent y être envoyées en sélectionnant minutieusement des militaires aptes au combat.
Pourquoi cette base militaire est-elle si stratégique ? Gyumri, deuxième plus grande ville d’Arménie, est située à seulement 3,5 kilomètres de la frontière avec la Turquie, alliée de l’Azerbaïdjan dans le conflit du Haut-Karabakh. Construite dans les années 1990, la base de Gyumri a été conçue pour protéger la frontière arménienne mais aussi pour intervenir rapidement en cas de conflit avec l’Azerbaïdjan, une hypothèse qui s’est matérialisée en 2023 lorsque Bakou a repris le contrôle total du Haut-Karabakh.
Cependant, avec la dégradation des relations entre l’Arménie et la Russie, et la volonté d’Erevan de normaliser ses relations avec l’Azerbaïdjan et la Turquie, la base de Gyumri ne sert plus les intérêts d’Erevan. En 2024, l’Arménie a d’ailleurs suspendu sa participation à l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), une alliance dirigée par la Russie en réponse à l’OTAN.








