L’état-major général ukrainien a publié, le 12 juin, un chiffre qui ne peut laisser indifférent. Plus d’un million de soldats russes auraient été tués, blessés ou rendus inaptes au combat depuis le début de l’invasion à grande échelle du 24 février 2022. Si le Kremlin se tait, Kiev, elle, affirme que ce seuil n’est pas qu’une statistique. Il est devenu, selon ses propres termes, « un symbole de résistance et de résilience ».
Un million de soldats russes hors de combat
Comment croire qu’un État moderne puisse encaisser la perte d’un million d’hommes sans frémir ? La Russie, visiblement, s’y emploie. Le 12 juin 2025, l’état-major ukrainien a annoncé que « les pertes globales des forces d’occupation russes en termes d’effectifs depuis le début de l’invasion à grande échelle ont atteint un million de personnes », dont plus de 628 000 enregistrées sur les dix-huit derniers mois , peut-on lire sur Euronews. Les détails sont implacables. 1 000 340 soldats russes, toutes causes confondues, morts, blessés, mutilés, disparus.
Dans le même communiqué, Kiev précise que ce chiffre doit aussi être lu comme un marqueur moral : « Un million. C’est dire à quel point le potentiel offensif de l’ennemi a diminué. Un million de personnes qui auraient pu nous détruire, mais que nous avons détruites à la place ». Kiev dresse une cartographie symbolique des revers infligés à l’armée russe : Boutcha et ses massacres révélés, Kharkiv et Kherson reprises sous le feu, le Moskva sombré dans la mer Noire. Autant de lieux devenus emblèmes de résistance, gravés dans la mémoire collective.
Les troupes russes et la machine à broyer : retour d’un conflit industriel
Derrière la froideur des chiffres, une réalité glaçante, la guerre en Ukraine est redevenue une guerre de tranchées, selon le colonel à la retraite Michel Goya, spécialiste des conflits armés. Dans une analyse publiée par 20 Minutes, il déclare : « On compare parfois le conflit en Ukraine à la Première Guerre mondiale. C’est vrai qu’il y a des similitudes : deux lignes de front fixes, des combats d’infanterie, une usure mutuelle, une guerre interminable ».
Les comparaisons sont sans appel, la Russie n’avait pas connu de telles pertes depuis la Seconde Guerre mondiale. À l’époque soviétique, plus de 11 millions de soldats de l’Armée rouge avaient été tués entre 1941 et 1945. Depuis, seul le conflit Iran-Irak des années 1980 rivalise avec le carnage actuel. Et la cadence ne ralentit pas. En 2025, selon l’état-major ukrainien, la Russie perd en moyenne 1 286 soldats par jour. Ce rythme dépasse celui de 2024 (1 180/jour) et écrase ceux des années précédentes (693/jour en 2023, 340/jour en 2022). Les chiffres sont également repris par des organismes occidentaux comme l’OTAN ou le Center for Strategic and International Studies (CSIS), qui estiment en avril 2025 que les pertes russes dépassaient déjà les 950 000 combattants, dont 250 000 tués.
Une hémorragie militaire et financière pour les troupes russes
Combien coûte un million de pertes humaines ? La réponse est double, stratégique, et budgétaire. Selon le sociologue russe Alexander Bikbo, cité par 20 Minutes, un soldat russe peut percevoir entre 2 000 et 20 000 euros à l’engagement, puis 2 000 euros mensuels. Les compensations pour décès, appelées coffin money, peuvent atteindre 150 000 euros.
Des sommes faramineuses, surtout dans les provinces délaissées où le Kremlin recrute à tour de bras, loin des regards médiatiques. Un coût exorbitant donc, que Vladimir Poutine semble néanmoins assumer pour alimenter une armée de contractuels sans fin. Michel Goya précise que des batailles sont parfois menées pour récupérer les corps des soldats afin que leurs familles puissent toucher les indemnités.








